Par Jérémie Walanda
Bangui, 03 septembre 2025 – (Éclipse d’Afrique) : Le mardi 2 septembre 2025, la Synergie Centrafricaine de Euloge Doctrouvé Koï et la Galaxie Panafricaine de Didacien Kossimatchi ont organisé une conférence de presse pour discuter de la décision de monsieur Anicet Georges Dologuélé de renoncer à sa nationalité française. Cet acte, entouré de spéculations, soulève des questions juridiques et politiques fondamentales tant en France qu’en République Centrafricaine.
Lors de cette conférence de presse, le principal intervenant Euloge Doctrouvé Koï a tout d’abord félicité monsieur Dologuélé pour sa reconnaissance de la loi suprême du 30 août 2023, qui exprime la volonté du peuple souverain. Cependant, il s’est interrogé sur les motivations sous-jacentes de cette renonciation à la nationalité française, un acte qui le libère des liens d’allégeance envers la République Française.
L’allégeance, a expliqué DoctrouvéKoï, implique un engagement de loyauté envers un État. Historiquement lié à la féodalité, ce concept moderne se traduit par la fidélité d’un citoyen à son pays. La renonciation à la nationalité française, régie par le Code civil français, n’est pas une décision anodine. Le processus comprend deux options : la renonciation par déclaration, souvent applicable aux personnes nées à l’étranger, et la renonciation par décret, habituellement réservée aux citoyens français résidant à l’étranger.
Les conséquences juridiques de cette renonciation sont immédiates et significatives. Sur le sol français, Dologuélé perdra accessoirement ses droits civiques, devenant un ressortissant étranger. En outre, il lui sera interdit de bénéficier de la protection diplomatique française et de la citoyenneté européenne, limitant ainsi ses déplacements au sein de l’Union européenne.
En termes de droits politiques en Centrafrique, cette renonciation est également déterminante. Pour le Secrétaire Général de la Synergie Centrafricaine monsieur Euloge Doctrouvé Koï, la Constitution centrafricaine de 2023 stipule que la nationalité doit être « une et exclusive ». Ainsi, la renonciation à la nationalité française est une condition préalable pour prétendre à des fonctions de haut niveau, comme la présidence. Cela permettrait à Dologuélé de se conformer aux exigences constitutionnelles et d’être pleinement impliqué dans la vie politique du pays.
La question de la double nationalité est au cœur de ce débat. Alors que la France reconnaît la possibilité d’avoir plusieurs nationalités, la République Centrafricaine impose des restrictions strictes. Ainsi, la démarche de Dologuélé est une tentative de s’aligner sur les exigences légales de son pays d’origine. Cependant, cette renonciation, une fois effectuée, est irréversible, ce qui soulève des inquiétudes quant à son statut futur en tant que citoyen centrafricain.
Cet acte met en lumière la complexité des enjeux de nationalité dans un contexte politique en mutation. Les conséquences de la renonciation à la nationalité française, tant sur le plan juridique que sur celui de l’engagement politique, sont révélatrices des défis auxquels sont confrontés les individus aux parcours nationaux multiple dans un cadre législatif parfois contradictoire.
La conférence a conclu en soulignant l’importance de cette décision pour l’avenir politique de Dologuélé et les implications qu’elle pourrait avoir sur sa carrière. Les intervenants ont répondu aux questions des médias afin de clarifier les différents aspects discutés.
