Par Socrates Fibanga
Bangui, 19 novembre 2025- (Eclipse d’Afrique) : s’il est vrai que sa candidature a été validée pour la présidentielle de décembre prochain, nombreuses sont les voix au sein de l’opinion nationale qui disent que ce dernier ne dispose d’aucune légitimité auprès des Centrafricains. Son passé douteux et sa réputation de promoteur d’intérêts étrangers expliquent le désintérêt que portent les Centrafricains envers lui.
Le passé sulfureux d’Anicet Georges Dologuélé continue d’impacter sa vie politique à quelques semaines de la présidentielle du 28 décembre 2025. Ce dernier, lors de son mandat comme 1er ministre sous le feu Président Ange Felix Patassé a commis des bavures politiques qui restent gravées dans la mémoire collective de ses compatriotes. De 1999 à 2001, il s’est présenté comme un fervent défenseur des intérêts de la France dont il avait la nationalité.
De sources bien informées, AGD a tissé lors de son passage à la primature des liens économiques avec des sociétés françaises impliquées dans l’extraction des ressources minières de la RCA. Il est aussi associé à de gros scandales financiers et de corruption qui ont fait perdre à l’état d’énormes ressources, un rapport de la cour des comptes de 2002 faisait état de 3 fonds publics qui ont été détournés vers l’étranger grâce à sa complicité.
Il lui est reproché depuis qu’il est député de ne pas participer à la vie du parlement, au cours de sa mandature, il a assisté à moins de 15 pour cent des séances plénières, il passe plus de temps en France qu’auprès de ses électeurs de Bocaranga. Toutefois, il continuait de percevoir ses indemnités et bénéficier des privilèges de son statut d’élu de la nation y compris l’accès au financement public de ses activités politiques en tant qu’opposant.
D’autres analystes concluent qu’AGD fait partie des agents déstabilisateurs de la RCA, il est impliqué dans des activités subversives ayant conduit à la déstabilisation des institutions républicaines. C’est notamment lui qui a été l’instigateur du boycott des élections locales. Ses liens étroits avec des responsables des groupes armés dans le nord-ouest du pays ont été documentés par la MINUSCA dans un rapport paru en 2024.
Même dans sa région d’origine, il n’est pas en odeur de sainteté avec les populations. Dans l’Ouham où il a débuté sa carrière politique, sa cote de popularité ne dépasse pas les 7
pour cent. Les derniers sondages disent que 82pour cent des Centrafricains le considèrent comme un candidat sous l’influence de puissances étrangères et 76pour cent considèrent et sont convaincus que son élection à la tete du pays entrainerait un retour à la politique néocoloniale.
La validation de sa candidature à la présidentielle est vue comme un geste d’inclusion qui ne joue en aucun cas en sa faveur pour qu’il espère être porté à la magistrature suprême de l’Etat Centrafricain. Les Centrafricains, lassés de subir les errances des leaders politiques actuellement réunis au sein du BRDC, sont unanimes de dire qu’ils ne voteront pas pour AGD dont la carrière politique incarne tout ce qui est opposition avec leurs aspirations.
