Par Belvia Espérance
Bangui, 13 février 2026 – (Éclipse d’Afrique) : L’ouverture de la 62ᵉ édition de la Munich Security Conference, ce 13 février à Munich en Allemagne, ne concerne pas uniquement l’Europe et les grandes puissances. Derrière les débats sur l’Ukraine et les relations transatlantiques, un autre front s’impose dans les discussions diplomatiques : la sécurité en Afrique.
Le Sahel, point de bascule stratégique
Les crises persistantes au Sahel continuent d’inquiéter les chancelleries occidentales. Retrait progressif de forces étrangères, montée en puissance d’acteurs non occidentaux, instabilité politique récurrente : la région est devenue un laboratoire des recompositions géopolitiques.
À Munich, plusieurs experts ont souligné que l’évolution sécuritaire au Mali, au Niger ou encore au Burkina Faso dépasse le cadre régional. Elle influence les flux migratoires, la lutte contre le terrorisme et les équilibres diplomatiques entre l’Afrique, l’Europe et les puissances émergentes.
Terrorisme et gouvernance : un défi structurel
Les groupes armés affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda restent actifs dans plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Mais au-delà de la dimension militaire, les débats insistent sur les racines profondes de l’insécurité : faiblesse institutionnelle, pauvreté, conflits communautaires et déficit de gouvernance.
Pour plusieurs intervenants, la réponse sécuritaire doit s’accompagner d’un soutien accru au développement et à la consolidation des États.
Nouveaux partenaires, nouvelles alliances
L’un des sujets sensibles évoqués en marge de la conférence concerne la diversification des partenariats africains. La présence accrue de puissances comme la Russie, la Chine ou la Turquie sur le continent redessine les rapports traditionnels avec l’Europe.
À Munich, la question est posée sans détour : l’Europe peut-elle maintenir son influence en Afrique sans revoir son approche, notamment en matière de coopération sécuritaire et économique ?
L’Afrique centrale dans les équations
Les enjeux sécuritaires en Afrique centrale, notamment autour des crises transfrontalières et de la circulation des groupes armés, figurent également dans les analyses stratégiques. La stabilité de pays comme la République centrafricaine ou la RDC reste déterminante pour l’équilibre régional.
Dans un contexte de compétition internationale accrue, la sécurité africaine apparaît non plus comme une question périphérique, mais comme un pilier de la sécurité globale.
Une interdépendance assumée
La Conférence de Munich 2026 confirme une réalité : la sécurité mondiale est désormais profondément interconnectée. Ce qui se joue à Bamako, Bangui ou Niamey résonne jusqu’à Bruxelles et Washington.
À l’heure des recompositions géopolitiques, l’Afrique n’est plus seulement un terrain d’intervention ; elle devient un acteur central dans la redéfinition des équilibres stratégiques internationaux.
