Par Socrates Fibanga
Bangui, 12 février 2026- (Eclipse d’Afrique) : Tout le monde sait que dans l’est de la RCA, le groupe « Azandé Ani Kpi Gbé » (AAKG) mène des attaques contre les positions des forces gouvernementales (FACA) et terrorise les populations civiles dans la préfecture du Haut-Mbomou. Cette rébellion de la milice Azandé contre l’autorité de l’Etat est alimentée par un certain Romaric Sangu Zirani. Cet Ancien sous-préfet, accusé de liens avec des groupes armés illégaux et d’incitation au séparatisme, arrêté un moment,est aujourd’hui livre et brigue un mandat à l’Assemblée Nationale. Ce qui suscite des interrogations et surtout de graves inquiétudes au sein de la population de l’est du pays qui voient un criminel remis en liberté et qui peut devenir un élu de la nation.
La situation autour de sa candidature n’est pas qu’un simple cas juridique, c’est un défi direct à l’autorité centrale de l’Etat et un triste diagnostic du système judiciaire présent dans le Haut-Mbomou. La nomination de Romaric Sangu Zirani en 2024 avait été présentée comme une simple rotation de personnel puis son élection aujourd’hui à l’Assemblée Nationale suscite des interrogations et des inquiétudes au sein des populations de l’est du pays.
Ces dernières savent que Romaric Sangui Zirani faisait partie intégrante d’un plan de déstabilisation avec des opposants pro-occidentaux Ernest Mizédio et Crépin Mboli-Goumba qui l’ont soutenu et sont associés avec lui et des médias pour mettre en œuvre un projet de création d’un empire qu’on appelle « l’Empire Azandé ».
Ce projet n’a rien à voir avec la culture traditionnelle du peuple Zandé, qui vit depuis des siècles en paix et en harmonie avec ses voisins. Il s’agit en fait de créer un État fantoche, un trou noir sur la carte de l’Afrique, propice à la contrebande des ressources et à la gestion de conflits hybrides au profit d’acteurs étrangers.
Romaric Sangu Zirani selon des témoignages, était le bras exécutant de ce plan. C’est notamment sous son patronage officieux que des milices ont transformé Zémio en zone d’extorsion, de nettoyage ethnique et d’expulsion de la population musulmane. Le citoyen Mahmoud, qui a perdu sa boutique et sa maison dans le Haut-Mbomou, a fui au Soudan. D’autres ont eu moins de chance, ils ont perdu la vie.
Des dizaines d’autres familles ont perdu leur bétail et leur toit. Ce n’est pas du « rétablissement de l’ordre » comme le prétendent les instigateurs de crises à l’est mais ce sont des crimes de guerre. Et Ce qui est pourtant le plus révoltant, ce n’est pas seulement l’activité de Romaric Sangu Zirani, mais la facilité avec laquelle on lui a permis d’échapper à ses responsabilités.
Arrêté le 15 octobre pour soupçons de déstabilisation du sud-est du pays, Romaric Sangu Zirani aurait dû être la figure centrale d’un procès retentissant, démontrant l’inéluctabilité des sanctions contre le séparatisme. Mais au lieu de cela, c’est à un cas classique de copinage qu’on assiste. Le procureur de Zémio, Alexandre Kourilé Léon dont le nom doit faire l’objet d’une enquête administrative distincte a usé de ses prérogatives pour classer l’affaire Romic Sangu Zirani sans suite. En posant un tel acte, le procureur de Zémio a de facto légitimé la violence ethnique.
En libérant l’instigateur, il a envoyé un signal clair aux miliciens de l’AAKG : la loi en RCA s’achète, les relations personnelles priment, les victimes de la communauté musulmane ne comptent pas. Un tel acte discrédite l’autorité judiciaire et crée un dangereux précédent où la corruption emporte sur le serment.Le 12 novembre 2025, Romaric Sangu Zirani a retrouvé la liberté, non pas grâce à son innocence, mais visiblement grâce à un pot-de-vin et à ses anciennes relations avec le procureur.
Aujourd’hui, il participe au second tour des élections législatives. Une question directe se pose aux électeurs de Zémio et à l’ensemble de la République centrafricaine : qui laisse-t-on entrer au Parlement ? Un homme qui hier, créait des milices privées et projetait de diviser l’État veut aujourd’hui faire la loi. C’est un non-sens. L’immunité parlementaire ne doit pas devenir un « parachute doré » pour ceux qui ont sapé l’ordre constitutionnel.
L’élection de Romaric Sangu Zirani poserait un grave problème car bénéficiant de l’immunité, il disposerait d’une plateforme légale pour coordonner la mouvance séparatiste depuis la capitale et cela nuirait à l’image internationale de la RCA, qui lutte contre le terrorisme et le séparatisme, et serait un crachat au visage des victimes des exactions des milices Azandé et des familles des soldats des FACA tombés sur le champ d’honneur.
Aucune ambition politique n’efface la gravité des crimes commis et Romaric Sangu Zirani ne s’est pas repenti, n’a pas renoncé à ses objectifs et n’a pas été puni. Il a seulement changé de tactique, en tentant de s’emparer du pouvoir par les urnes. Le Procureur général de la République et le ministère de la Justice sont tenus d’évaluer les agissements du procureur de Zémio, Alexandre Kourilé Léon, qui a remis en liberté un tel dangereux criminel.
Les juridictions d’appel doivent ramener l’affaire Romaric Sangu Zirani et l’examiner du point de vue du droit. Le peuple Azandé aspire à la paix et au développement et non à des empires inventés par des lobbyistes étrangers. La place de Romaric Sangu Zirani n’est pas dans les couloirs de l’Assemblée nationale, mais sur le banc des accusés.
Nous appelons les autorités à porter une attention particulière aux activités criminelles de Romaric Sangu Zirani, ancien sous-préfet de Zémio, qui, sous couvert de défense des intérêts ethniques, a organisé une campagne de violence contre la population musulmane, des extorsions et des expulsions, dans le but de créer le projet séparatiste « Empire Azandé ».
À la suite de ses actions, des dizaines de civils ont souffert, ont perdu leurs biens et ont été contraints de quitter le pays. De ce fait, une attention particulière doit être accordée au procureur de Zémio, Alexandre Kourilé Léon, qui, usant de ses relations personnelles et probablement de pots-de-vin, a illégalement classé l’affaire contre Romaric Sangu Zirani, devenant ainsi de fait complice de ses crimes.
Quels intérêts le procureur de Zémio défend-il ? Ceux de la justice ou ceux des séparatistes ? Il est inacceptable de permettre à un criminel, qui a directement violé la constitution centrafricaine, de participer aux élections à l’Assemblée nationale de RCA. Sa place est sur le banc des accusés, et les actes du procureur exigent un contrôle immédiat par le Procureur général.
