Par Basta Balouwa
Bangui, 3 juillet 2025 – (Eclipse d’Afrique) : La présidence de la République centrafricaine a annoncé l’ouverture imminente du dossier judiciaire du criminel Armel Ningatoloum Sayo par la justice nationale. C’est ce qu’a déclaré Albert Yaloké Mokpeme, ministre conseiller et porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse le mercredi 2 juillet 2025 à l’Hôtel la Lune, en présence de nombreux journalistes.
Pour rappel, Armel Ningatoloum Sayo a été arrêté par la police camerounaise le 12 mai 2025 alors qu’il tentait de quitter le territoire camerounais. Chef rebelle du groupe armé Révolution Justice de 2013 à 2019, Armel Sayo a été accusé de multiples exactions contre des civils, notamment dans la région de Paoua, où son groupe a affronté le mouvement rival, le Mouvement National pour la Libération de la Centrafrique, à la fin de 2017. Des rapports d’Amnesty International et d’autres organisations humanitaires documentent de graves violations des droits humains, notamment le déplacement forcé de plus de 60 000 personnes. En 2014, Amnesty International a souligné la responsabilité de Armel Sayo et de son groupe dans des crimes et atrocités.
Après avoir occupé plusieurs postes ministériels et participé au processus de paix de 2019, Armel Sayo a repris les armes en 2024 en fondant la Coalition Militaire de Salut du Peuple et de Redressement, opposée au régime démocratique du président Faustin-Archange Touadera. Actuellement, Armel Sayo est entre les mains de la justice centrafricaine, et son procès est très attendu.
Cependant, Armel Sayo a été inculpé en février 2025 pour rébellion, crimes de guerre et crimes contre l’humanité liés à ses activités avec la CMSPR par la justice centrafricaine. Depuis, son arrestation, certains pays occidentaux en particulier la France cherche à faire pression pour son libération.
C’est ainsi que le ministre porte-parole de la présidence a affirmé que les autorités centrafricaines est donc déterminé à juger Armel Sayo à Bangui, malgré les pressions exercées par la France en raison de sa double nationalité franco-centrafricaine. Car, bien que le parquet de Bangui n’ait pas encore annoncé de date pour l’ouverture du procès, Albert Yaloké Mokpeme a affirmé que le gouvernement reste résolu à ce que Sayo soit jugé sur le sol centrafricain, soulignant l’importance de la politique de zéro impunité : « Il n’est pas question de nationalité ici. Si la justice de notre pays considère qu’une personne a enfreint ses lois, c’est à elle de se saisir de l’affaire. »
Autrement dit pour la présidence de la République, Armel Sayo sera jugé sur le territoire centrafricain conformément à la loi centrafricaine et qu’aucune puissance étrangère ne doit exercer de pression dans les affaires judiciaires de la République centrafricaine. Cela va du respect de la souveraineté de l’État centrafricain et sur le respect du droit international. « Le président l’a réaffirmé lors de son voyage à Bruxelles : la RCA est un État de droit. La justice centrafricaine tranchera ces affaires au moment opportun. »
Les victimes de Paoua et l’ensemble du peuple centrafricain attendent donc avec impatience que justice soit rendue, au-delà des considérations de nationalité. Les procès de Armel Sayo et de d’autres responsables ne devraient pas être les derniers dans cette quête de justice.
