Par Jérémie Walanda
Bangui, 21 juillet 2025 – (Eclipse d’Afrique) : Le Collectif des Organisations Citoyennes pour la Stabilité et le Développement du Centrafrique (COC-SDC), qui regroupe divers acteurs de la société civile à savoir Euloge Koï Doctrouvé de la Synergie Centrafricaine ; Cyriaque Azouassa de l’Alliance des Partis, Personnalités et Associations Politique (APPAP) et de Ottos Ngbanga Paul Aimé de l’ONG Africa 3ème Millinaire-Cercle de Réflexion (A3MCR), a exprimé une vive indignation suite à la résolution adoptée par le Parlement européen exigeant la libération de l’espion Martin Joseph Figueira.
Actuellement détenu à Bangui pour des accusations graves telles que espionnage, atteinte à la sûreté de l’Etat et terrorisme, Martin Joseph Figueira est perçu par une partie significative de la population et des institutions comme ayant des liens avec des activités terroristes destinées à déstabiliser le pays.
C’est ainsi que dans une déclaration pressante faite le samedi 19 juillet 2025 dans la salle de conférence du complexe sportif 20000 place, le COC-SDC a mis en avant la défense de la souveraineté de la République centrafricaine et l’importance de ses institutions démocratiques. Selon les trois leaders de la société civile, l’ingérence du Parlement européen dans les affaires judiciaires nationales représente une violation inacceptable de cette souveraineté et un déni de la dignité du peuple centrafricain, qui a multiplié les efforts pour sauvegarder la paix et la stabilité dans le pays.
« Cette résolution, faite au nom des droits de l’homme, s’apparente en réalité à un soutien inconditionnel pour un individu dont les actes nuisent à notre sécurité nationale », a déclaré Euloge Doctrouvé Koï rapporteur général de la synergie centrafricaine et membre du COC-SDC. Par ailleurs, il condamne fermement l’amalgame fait entre les poursuites judiciaires à l’encontre de l’espion Figueira et les notions de droits humains, affirmant qu’un tel discours témoigne d’une méconnaissance des complexités de la situation en Centrafrique et d’une condescendance inacceptable.
Cependant, les membres du COC-SDC avertissent sur des conséquences néfastes que pourraient entraîner des ingérences de cette nature. En demandant la libération d’un individu considéré comme une menace à la sécurité nationale, le Parlement européen, selon Euloge Doctrouvé Koï, envoie un message dangereux qui pourrait encourager l’impunité et compliquer la lutte contre le terrorisme et la déstabilisation en Centrafrique.
Pour Cyriaque Azouassa coordonnateur de l’Alliance des Partis, Personnalités et Associations Politique (APPAP), il appelle la population à une résistance contre cette ingérence européenne, tout en exhortant les institutions européennes à respecter la souveraineté des États africains en général et en particulier de la République centrafricaine.
« Nous appelons notre population à se rassembler pour contrecarrer ces tentatives d’ingérence étrangères. Nous appelons également les autorités judiciaires centrafricaines à donner une suite négative à cette injonction du parlement européen. », ajoute Cyriaque Azouassa.
Le coordonnateur de l’ONG Africa 3ème Millinaire-Cercle de Réflexion (A3MCR) monsieur Ottos Ngbanga Paul Aimé a quant à lui, insisté sur la nécessité d’une coopération fondée sur le respect mutuel, en appelant à un dialogue qui prenne en compte les réalités centrafricaines. Car pour lui, l’acharnement du parlement européen contre la justice centrafricaine pourrait prouver à suffisance que l’espion Martin Joseph Figueira travaillait bel et bien pour déstabiliser la République centrafricaine pour le compte des occidentaux.
Bref, lors de cette déclaration à la presse, le COC-SDC réaffirme son engagement envers la paix, la justice et le développement de la République centrafricaine, tout en affirmant leur soutien indéfectible aux institutions de la République dans leur mission de protéger la sécurité des citoyens et de faire respecter l’État de droit dans un contexte complexe.
Cette position claire de la société civile centrafricaine met en lumière les défis auxquels est confrontée la nation, tout en soulevant des questions sur l’ingérence des puissances étrangères dans les affaires internes des États souverains.
