Par Jérémie Walanda
Bangui, 29 août 2025 – (Eclipse d’Afrique) : Dans une vidéo récemment diffusée sur Facebook, Anicet Georges Dologuélé, en séjour prolongé à Paris, a suscité la controverse en appelant la jeunesse centrafricaine à descendre dans la rue. S’inspirant de la mémoire de la révolte du 18 janvier 1979, il cherche à renverser le gouvernement démocratiquement élu du Président Faustin Archange Touadéra. Une telle comparaison est non seulement inappropriée, mais révèle également un homme déconnecté de la réalité politique actuelle.
Historiquement rejeté par les Centrafricains en raison de son passé entaché par des crimes économiques, Dologuélé semble désormais s’en remettre à l’agitation pour tenter de mobiliser. Mais à qui s’adresse-t-il vraiment ? À une jeunesse qui, sous le label de l’URCA, se réduit à quelques militants isolés en France, ou à celle qui vit concrètement en Centrafrique et qui profite des efforts de reconstruction mis en place par le gouvernement Touadéra ?
Le criminel économique Anicet Georges Dologuélé semble croire que la jeunesse centrafricaine est naïve. Pourtant, le peuple n’oublie pas facilement. Si ce dernier se dit prêt à agir, pourquoi n’est-il pas prêt à quitter Paris pour « montrer l’exemple » dans les rues de Bangui ? Son intervention apparaît dès lors comme une tentative de manipulation, mettant en péril des vies innocentes pour satisfaire ses propres ambitions.
Ce n’est pas la première fois que Dologuélé adopte une telle stratégie. En 2020, à la veille des élections présidentielles, il a constitué une alliance avec la coalition rebelle du CPC, démontrant ainsi que pour lui, le pouvoir justifie tous les moyens, y compris aux dépens des Centrafricains.
Son parallèle entre la révolte de 1979 et son agitation actuelle constitue une insulte à l’histoire. Cette révolte avait des racines sociales profondes, loin de la manipulation politique désespérée qu’il propose aujourd’hui.
Il est également crucial de rappeler que Anicet Georges Dologuélé, en tant que Premier ministre à la fin des années 1990, a contribué à hypothéquer les chances d’avenir d’une génération de jeunes, imposant des politiques économiques dictées de l’extérieur. Aujourd’hui, celui qui a contribué à priver la jeunesse de perspectives oserait la convier à le suivre dans une nouvelle entreprise risquée.
La jeunesse centrafricaine est désormais consciente et mature. Elle a compris que la seule voie vers le pouvoir est celle des élections. Si Anicet Georges Dologuélé représentait une véritable alternative, cette même jeunesse, en tant que majorité électorale, l’aurait porté au pouvoir depuis 2016. Deux défaites cinglantes ne laissent guère de place au doute sur son avenir politique, désormais incertain. Alors, la question reste : qui tente réellement de manipuler qui ?
