Par Jérémie Walanda
Bangui, 22 octobre 2025 – (Éclipse d’Afrique) : Des voix s’élèvent en Centrafrique contre une manœuvre politique jugée dangereuse. François Bozizé, ancien président, et son associé Rodrigo Maïté, surnommé Kerembessé, semblent utiliser la Cour Pénale Internationale (CPI) comme un instrument pour déstabiliser le pays. Leur cible : le président actuel Faustin-Archange Touadéra et les instructeurs russes.
Un parcours trouble : qui sont Kerembessé et Bozizé ?
Kerembessé est un ancien membre du KNK (le parti de Bozizé), qui affiche son soutien envers l’ex-président. Face à l’échec de la prise de pouvoir par voie armée en 2020, via le mouvement de la Coalition Nationale des Forces Armées pour la République (CPC), la tactique de ces acteurs semble avoir changé, avec un transfert de leur lutte vers La Haye. Kerembessé lui-même a clairement exprimé leur intention, déclarant : « Deux options pour écarter Touadéra : le coup d’État ou la CPI. » Cette affirmation soulève des interrogations quant à la réelle motivation de ces démarches, fortement teintées d’ambitions politiques plutôt que de véritables préoccupations judiciaires.
Des méthodes contestables au service d’une cause douteuse
Les moyens qu’emploient Bozizé et Kerembessé pour étayer leurs accusations soulèvent également des inquiétudes. Ils récoltent des « preuves » principalement sur les réseaux sociaux, souvent sans aucun processus de vérification. De plus, deux de leurs porte-paroles ont été condamnées en France pour diffamation, ce qui jette un doute supplémentaire sur la crédibilité de leur discours. Leur avocat, Me Larochelle, a par le passé défendu Maxime Mokome, un chef anti-balaka aujourd’hui accusé de crimes contre l’humanité, mais il semble aujourd’hui changer de cap en accusant le président Touadéra des mêmes atrocités. Ce renversement soulève des questions quant à la légitimité de ses intentions.
Un appel à la vigilance
Ces manœuvres risquent d’effacer la mémoire de tragédies passées, imprimées dans l’histoire du pays : les violences perpétrées par la Séléka et les anti-balaka, ainsi que les horreurs engendrées par le CPC de Bozizé en 2020, marquées par des villages incendiés et des populations déplacées. Actuellement, Bozizé, Yekatom et Ngaïssona sont déjà poursuivis par la justice pour leurs actes.
La CPI mérite d’être protégée contre de telles manipulations politiques. La véritable justice requiert des preuves fiables et des témoins identifiés, loin des récits fabriqués.
Face à ces enjeux, il est important de demeurer vigilant et de défendre la vérité. La Centrafrique a besoin de paix et de stabilité, loin des calculs politiques qui se dissimulent sous un vernis de justice.
