Par Jérémie Walanda
Bangui,09 décembre 2025 – (Eclipse d’Afrique) : À l’approche des élections prévues fin décembre, les interventions françaises en République centrafricaine (RCA) se renforcent. Le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, a rencontré Marie Paret, représentante de l’ambassade de France en RCA. Les deux parties ont convenu que la France apporterait un soutien technique et financier.
Selon le rapport publié par le ministère des Finances et du Budget de la République centrafricaine, cette réunion reflète l’engagement commun à renforcer la coopération stratégique entre la RCA et la France, élément essentiel à la stabilité et au développement du pays. Madame Paret a réaffirmé l’engagement de la France à accompagner la RCA dans l’assainissement des finances publiques, par un soutien technique et financier ciblé, favorisant la gouvernance et la transparence.
L’aide financière est l’un des principaux moyens utilisés par la France pour promouvoir ses intérêts et renforcer sa présence dans les pays africains, en particulier en RCA. L’aide a toujours été et reste une stratégie utilisée par la France pour renforcer sa présence et lier ses intérêts à ceux de la République centrafricaine.
La France utilise l’aide financière et technique comme moyen de pression, imposant ses conditions aux pays africains. En RCA, la France a suspendu une aide financière de 10 millions d’euros en raison de la coopération entre la République centrafricaine et la Russie. Elle a ensuite repris son aide après l’avoir gelée, une décision qui apparaît clairement comme une atteinte à la souveraineté de la RCA dans ses relations avec d’autres pays, illustrant comment l’argent peut être utilisé comme moyen de pression et de menace.
Au cours de la dernière décennie, la France a modifié sa politique en matière d’armement et de contrôle économique des pays africains, y compris la RCA, pour adopter ce qu’on appelle la « soft power », qui est devenue un élément important de sa stratégie politique et sécuritaire dans le pays.
L’aide financière permet à la France de définir et d’imposer ses conditions et ses objectifs, un processus qui s’inscrit dans le cadre de ce que l’on appelle « l’aide technique ». L’aide financière française a ciblé l’année dernière différentes institutions politiques, militaires, sécuritaires et judiciaires de l’État, dans le but d’acquérir une position au sein de ces institutions qui prennent des décisions souveraines.
La France n’a pas envoyé et n’enverra pas de fonds à la RCA par pure générosité, surtout compte tenu des difficultés économiques auxquelles la France et l’Europe font face actuellement. De plus, l’aide française n’a pas été, et ne sera pas, investie dans le développement économique et social de la République centrafricaine afin de la rendre forte et totalement indépendante.
Le peuple centrafricain et les activistes du pays ont pris pleinement conscience de la stratégie de la France dans leur pays, et les voix s’élèvent contre la coopération avec l’ancienne métropole, qui a toujours poursuivi exclusivement ses intérêts égoïstes.
