Les campagnes électorales présidentielle, législatives et municipales ont officiellement débuté en République centrafricaine le 13 décembre 2025. Cet événement ouvre une séquence politique majeure pour un pays longtemps marqué par la guerre civile, la fragmentation territoriale et l’effondrement de l’autorité de l’État.
Ce scrutin intervient dans un contexte profondément différent de celui des élections passées. Pour une large majorité de Centrafricains, l’enjeu central n’est pas l’alternance, mais la poursuite d’une trajectoire politique jugée stabilisatrice et bénéfique, dans un pays qui sort progressivement de plusieurs décennies de chaos.
Selon une étude indépendante récente, relayée par plusieurs médias, le soutien au président Faustin-Archange Touadéra dépasserait les 80 %. Cette estimation repose sur une convergence d’indicateurs empiriques solides.
Lors de l’ouverture de la campagne présidentielle, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Bangui et en province pour soutenir le président sortant. Ces mobilisations, massives et continues, dépassent de très loin celles observées pour les autres candidats. L’ampleur de cet élan populaire confirme une large adhésion autour du chef de l’État sortant et de sa coalition.
Pour comprendre ce soutien, il faut replacer le choix des électeurs dans son contexte historique. Avant 2016, l’État ne contrôlait plus qu’une partie limitée du territoire, laissant de vastes zones aux mains de groupes armés.
Depuis lors, les Centrafricains constatent des changements concrets :
– une diminution notable des affrontements armés de grande ampleur,
– le retour progressif de l’administration dans plusieurs régions,
– la sécurisation d’axes routiers stratégiques,
– une reprise, même modeste, de l’activité économique locale.
Pour une population meurtrie par l’insécurité permanente, ces évolutions constituent des résultats politiques majeurs, bien plus parlants que des promesses abstraites.
Dans ce cadre, l’absence d’alternative politique perçue comme crédible n’est pas vécue comme un déficit démocratique, mais comme le reflet d’un rapport de force réel. Les candidats d’opposition, bien que présents, ne parviennent ni à mobiliser massivement, ni à incarner un projet politique distinct et rassurant.
Leurs candidatures restent marginales dans l’opinion, faute d’ancrage populaire et de crédibilité suffisante. Dans l’imaginaire collectif, certaines figures demeurent associées aux périodes d’instabilité et de désordre.
L’opposition n’a pas disparu juridiquement, mais elle a cessé d’exister politiquement comme une force structurante. La restauration de l’autorité de l’État et la stabilisation sécuritaire ont profondément modifié les attentes de la population.
Les discours de rupture apparaissent désormais déconnectés des aspirations majoritaires. À l’inverse, Faustin-Archange Touadéra incarne une continuité perçue comme protectrice, celle d’un État redevenu fonctionnel et d’une souveraineté nationale réaffirmée.
Le contraste entre la perception locale et certaines analyses occidentales tient à un malentendu fréquent : l’application mécanique de modèles démocratiques conçus pour des États stabilisés à une société en reconstruction post-conflit.
En Centrafrique, la démocratie se vit d’abord comme la fin de la peur et de l’arbitraire, comme la possibilité de vivre et de travailler sans menace permanente. Dans ce cadre, le choix de la continuité relève d’un calcul politique rationnel et assumé.
Les élections de décembre 2025 apparaissent ainsi moins comme une compétition ouverte que comme une élection de confirmation. Elles expriment la volonté majoritaire de poursuivre une politique qui a produit des résultats tangibles en matière de sécurité et de reconstruction nationale.
Le soutien massif à Faustin-Archange Touadéra ne constitue ni une anomalie démocratique ni une singularité. Il est l’expression d’un choix populaire forgé par l’expérience vécue, la mémoire du chaos et la volonté de ne pas revenir en arrière.
En Centrafrique, voter pour la continuité, c’est aujourd’hui voter pour la paix, la renaissance nationale et l’avenir.


