Belvia Espérance Refeïbona
Bangui 22 janvier 2026 – (Éclipse d’Afrique) : Depuis plusieurs semaines à Bangui, l’électricité se fait de plus en plus rare dans de nombreux quartiers de la capitale. Cette situation alimente le mécontentement des populations, qui appellent les autorités à réagir rapidement. Sur les réseaux sociaux, les dénonciations se multiplient face à ces perturbations devenues récurrentes.
Dans une grande partie de Bangui, la distribution de l’électricité est de plus en plus irrégulière. Il arrive que, durant toute une journée, les ménages restent sans courant. Une habitante d’un quartier du quatrième arrondissement témoigne :
« On ne comprend plus rien ces derniers temps. L’électricité est devenue un véritable jeu de lumière dans notre secteur. Parfois, la tension est si forte qu’elle endommage nos appareils électroménagers, et d’autres fois elle est si faible qu’on ne peut même pas l’utiliser. Aujourd’hui, l’électricité est presque inexistante. On ne sait même pas à quel rythme l’ENERCA veut nous faire danser », raconte-t-elle avec amertume.
La situation est encore plus préoccupante au quartier Ed-ville, dans le cinquième arrondissement, où l’électricité est devenue si rare que les habitants ne savent même plus à quel moment elle arrive. Diane, une résidente du secteur, dénonce :
« Depuis le début de l’année 2026, le courant est extrêmement irrégulier ici. Parfois, il ne vient presque pas pendant plusieurs jours, et quand il arrive enfin, ce n’est que pour une heure, puis plus rien. On se demande si l’ENERCA ne veut pas boycotter la Septième République », s’interroge-t-elle, convaincue que cette nouvelle République devrait rimer avec amélioration des conditions de vie.
Ces coupures intempestives ont des conséquences lourdes sur le quotidien des habitants. Plusieurs secteurs d’activité à Bangui subissent de plein fouet cette pénurie d’électricité. Les petits commerces de survie — vente de bière, recharge de batteries, vente d’eau — qui permettent à de nombreux débrouillards de subvenir à leurs besoins, sont gravement affectés.
Diane, également commerçante, partage son désarroi :
« Je vends de la bière chez moi. Grâce à l’électricité, les boissons sont fraîches et attirent plus de clients. Mais ces derniers jours, je ne fais presque plus de recettes parce que les clients trouvent la bière trop chaude. J’aimerais que les choses reviennent à la normale pour pouvoir continuer mes activités », confie-t-elle.
Au quartier PK12, les artisans soudeurs ne sont pas épargnés par la crise. Fiacre, soudeur de profession, se plaint de son quotidien :
« Ces derniers temps, le travail ne marche plus à cause de l’irrégularité de l’électricité. Avant, on n’avait pas ce genre de problème, mais aujourd’hui c’est vraiment difficile. On reste sans rien faire faute de courant. Nous demandons aux autorités de prendre cette situation au sérieux », plaide-t-il.
Enerca s’efforce de résoudre les problèmes liés à l’approvisionnement en électricité.
