Par Belvia Espérance
Bangui, 05 janvier 2026 – (Eclipse d’Afrique) : La famille de feu Charles Massi a réagi au communiqué de presse publié le 28 janvier 2026 par la Cour pénale spéciale (CPS), relatif à l’affaire dite de Bossembélé, marquant une nouvelle étape judiciaire dans le dossier de la disparition et de l’assassinat de l’ancien responsable politique centrafricain.
Dans une déclaration rendue publique, la famille Massi indique avoir pris connaissance avec une attention particulière de la décision de la Chambre d’assises de la CPS de se saisir de cette affaire, dans laquelle l’ancien Président de la République, François Bozizé Yangouvonda, ainsi que plusieurs autres accusés, font l’objet de poursuites pour crimes contre l’humanité. Les faits visés concernent notamment des allégations de meurtres, de tortures, de disparitions forcées et d’actes inhumains commis entre 2009 et 2013.
Pour rappel, Charles Massi, ancien ministre de la République centrafricaine et président du parti Forum démocratique pour la modernité (FODEM), avait été arrêté en décembre 2009 après avoir été remis aux autorités centrafricaines par les autorités tchadiennes de l’époque. Depuis cette date, il n’a plus jamais été revu vivant.
Selon la famille, de nombreux témoignages concordants, recueillis quinze ans après les faits, indiquent que Charles Massi aurait été détenu au Centre d’instruction militaire de Bossembélé, communément appelé « Guantanamo », où il aurait subi des actes de torture et de sévices ayant conduit à sa mort. En l’absence de restitution officielle de sa dépouille, ces éléments continuent de constituer une profonde blessure pour la famille, mais également pour l’opinion nationale et internationale.
La famille Massi tient à saluer les efforts constants de la justice centrafricaine, et en particulier ceux de la Cour pénale spéciale, pour faire toute la lumière sur les crimes graves commis durant cette période sombre de l’histoire de la République centrafricaine. Elle considère la saisine de la Chambre d’assises dans l’affaire de Bossembélé comme une étape judiciaire majeure dans la quête de vérité, de justice et de reconnaissance des souffrances endurées.
Tout en exprimant sa confiance dans l’indépendance et le professionnalisme de la CPS, la famille réaffirme son attachement aux principes fondamentaux de la justice. Elle nourrit l’espoir que les procédures en cours permettront d’établir les responsabilités pénales des auteurs et complices des crimes reprochés, afin que justice soit rendue à Charles Massi ainsi qu’à toutes les victimes des violations graves des droits humains en République centrafricaine.
Enfin, la famille Massi appelle l’ensemble des autorités nationales et internationales à poursuivre leur soutien à la Cour pénale spéciale dans l’accomplissement de son mandat, afin que nul crime ne demeure impuni et que la mémoire des victimes soit honorée.
