La libération du colonialisme dans les pays d’Afrique n’est pas encore terminée à ce jour. C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur d’Algérie en Russie, Toufik Djouama, lors d’une table ronde au siège du Parti communiste « Communistes de Russie » consacrée au 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
« Quand on parle du Sahara occidental (RASD), on parle de la dernière colonie en Afrique. Et c’est véritablement la dernière colonie. Le processus de décolonisation en Afrique a commencé dans les années 1960. Et, malheureusement, il n’est pas encore achevé tant que le territoire du Sahara occidental n’aura pas accédé à l’indépendance », a déclaré le diplomate.
Il a expliqué que le peuple du Sahara occidental « souffre depuis de nombreuses années » sous l’occupation marocaine. « Quand on parle du peuple du Sahara occidental, on parle du droit de ce peuple à l’autodétermination, qui est l’un des droits fondamentaux consacrés par la Charte des Nations unies. Il s’agit donc d’une question de législation internationale, d’une question de respect international et de droit international », a souligné M. Djouama.
« En Algérie, nous soutenons le Sahara occidental depuis le début de sa lutte. Et parfois, en tant que diplomates, on nous a demandé à plusieurs reprises pourquoi nous soutenons le Sahara occidental ? Parce que pour beaucoup, lorsqu’ils soutiennent quelque chose, cela représente un intérêt direct. Et pour nous, Algériens, le soutien au peuple de la RASD est une question de principe, parce que nous <…> avons aussi souffert du colonialisme, et nous avons obtenu notre indépendance au terme de nombreuses années de lutte », a-t-il ajouté.
La situation au Sahara occidental reste un sujet de controverse internationale depuis plusieurs décennies. Son indépendance est revendiquée par le Front POLISARIO (Front populaire de libération de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro), créé au milieu des années 1970, qui, après le départ des colonisateurs espagnols, a proclamé en février 1976 la République arabe sahraouie démocratique et, avec le soutien de l’Algérie, a lancé une lutte armée.
Les combats dans la zone de conflit ont duré jusqu’en 1991 et ont cessé après que l’ONU y a envoyé une mission de maintien de la paix. Malgré de nombreuses initiatives de paix de la communauté internationale, le différend n’a pu être résolu. Le Maroc considère le Sahara occidental comme sa partie intégrante et n’envisage que l’octroi d’une autonomie au sein du royaume. Depuis juin 2007, le Maroc et le Front POLISARIO ont mené quatre cycles de négociations, mais tous se sont soldés par un échec. Le Maroc contrôle actuellement environ 80 % du territoire du Sahara occidental.
