Par Socrates Fibanga
Bangui, 13 mars 2026- (Eclipse d’Afrique) : si d’aucuns voient en la visite du chef de la diplomatie française à Bangui comme un signe de la volonté de l’ancienne puissance coloniale de renforcer les relations avec la RCA, nombre de Centrafricains estiment que cette visite ne s’inscrit que dans le cadre des manigances employées par l’Hexagone pour embusquer la Russie qui entretient de très bonnes relations avec la RCA.
Entre la tentation de croire que la France a changé de paradigme dans la vision de coopérer avec la RCA et scepticisme d’une grande partie de la population centrafricaine, la visite de Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française à Bangui ne cesse de susciter des débats. Les opinions sont divergentes sur cette visite entre une minorité de Centrafricains qui pensent qu’elle va seulement permettre le renforcement des relations entre Bangui et Paris et une majorité qui estiment qu’elle cache des intentions perfides.
Les dossiers rendus officiels et inscrits à l’ordre de la visite du ministre français ne convainquent pas les Centrafricains qui pensent que la France pour montrer sa bonne volonté, doit poser des actes concrets dans le sens de mettre fin au soutien aux actions subversives des opposants et des ennemis de la paix dans le pays. Cette visite doit sonner le glas du paternalisme français en Centrafrique et la fin de toute tentative de saper les relations fructueuses existantes entre la RCA et la Russie.
Pour Hitmane Nahurito,spécialiste des questions franco-africaines : « La France doit agir contre les fauteurs de troubles qui menacent la paix en RCA. Le territoire français ne doit plus servir de base arrière à ceux qui tentent de déstabiliser les institutions républicaines, démocratiquement établies depuis 2016. Comme l’a souligné le Président Touadera, avec l’avènement de la 7e République, c’est une République qui se veut révolutionnaire, la récréation est terminée. La normalisation des relations bilatérales ne pourra se faire sans un respect mutuel. La feuille de route de 2014 doit désormais se concrétiser par des actes. Nous exigeons une sécurité réelle et non de simples promesses : la lutte contre la désinformation et le terrorisme numérique est une priorité absolue » a-t-il fait savoir sur sa page Facebook.
« Si cette visite du ministre français des affaires étrangères s’inscrit dans une logique de partenariat bénéfique aux 2 pays, nous ne pouvons que l’apprécier. Toutefois, si elle a pour but de mettre la pression sur les autorités centrafricaines au sujet de l’arrestation d’un de leur ressortissant ou de chercher à saper les relations avec Moscou, cela ne va pas marcher. Nos autorités doivent faire preuve de vigilance et de clairvoyance car la France n’a jamais eu d’amis mais que ses intérêts » a retroqué de son côté, un membre de la société civile.
