Par Belvia Espérance
Bangui, 8 avril 2026 – (Eclipse d’Afrique) : La Primature a servi de cadre, ce mercredi, à la cérémonie officielle de remise du rapport annuel d’évaluation de la performance économique et financière des entreprises publiques et parapubliques au Premier ministre, Félix Moloua. L’événement a réuni plusieurs membres du gouvernement, des directeurs généraux d’entreprises publiques, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants de la presse nationale et internationale.
Un outil d’évaluation et de redevabilité
Initiée par le gouvernement centrafricain, cette démarche vise à mesurer le niveau de performance des entreprises publiques et à renforcer leur contribution aux finances de l’État. Dans cette optique, un comité technique a été mis en place pour analyser les résultats de treize entreprises publiques et parapubliques, parmi lesquelles l’ENERCA, la SOCATEL, la SOCASP, l’ONC, l’ONI, l’ONM, l’ACFPE et l’ANAC. La remise du rapport s’est déroulée dans la salle de conférence de la Primature, marquant une étape clé dans le processus de suivi et de gouvernance du secteur public.
Un cadre juridique clairement établi
Prenant la parole, le ministre contrôleur du secteur parapublic, Roméo Gribingui, a souligné que cette rencontre dépasse le cadre d’un simple rendez-vous institutionnel.
« Cette assise constitue une exigence de coopération vivante et agissante entre le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers », a-t-il déclaré. Il a rappelé que cet exercice s’inscrit dans un cadre juridique précis, notamment l’arrêté n°027/PM du 5 janvier 2021 et la loi n°20.004 du 13 janvier 2020, qui encadrent l’organisation et la gestion des entreprises et établissements publics en République centrafricaine.
Des performances jugées insuffisantes
Le rapport met en lumière plusieurs faiblesses structurelles qui entravent la performance des entreprises publiques. Il formule également une série de recommandations destinées à améliorer leur gestion et leur rentabilité. Visiblement préoccupé par les résultats présentés, le Premier ministre Félix Moloua a reconnu les limites actuelles du dispositif. « Ces entreprises devraient permettre à notre pays de mobiliser davantage de ressources domestiques. Malheureusement, leurs performances ne sont pas à la hauteur », a-t-il déploré. Selon les conclusions du rapport, aucune entreprise publique n’a versé de dividendes à l’État depuis plus de trois ans, une situation qui fragilise la trésorerie publique.
Vers des réformes attendues
Face à ce constat, le chef du gouvernement a annoncé des concertations prochaines avec les responsables des entreprises concernées afin d’identifier des solutions concrètes. Il a par ailleurs exprimé sa reconnaissance envers les partenaires techniques et financiers, notamment Banque mondiale, pour leur appui dans l’élaboration de ce document stratégique. « Ce rapport est très utile, car il met clairement en évidence nos faiblesses », a-t-il souligné.
Une troisième édition sous le signe de l’exigence
Cette troisième édition de l’évaluation des entreprises publiques intervient dans un contexte où la mobilisation des ressources internes devient un impératif pour l’État centrafricain. Plus qu’un simple exercice de diagnostic, ce rapport met en lumière l’urgence d’engager des réformes structurelles pour transformer ces entreprises en véritables leviers de croissance et de soutien budgétaire. Reste désormais à savoir si les recommandations formulées seront suivies d’actions concrètes capables d’inverser durablement la tendance.
