Par Belvia Espérance
Bangui, 21 avril 2026 – (Eclipse d’Afrique) : Une nouvelle étape décisive s’ouvre dans la lutte contre l’impunité en République centrafricaine. La Cour pénale spéciale (CPS) a annoncé l’ouverture, le 16 juin 2026, de son sixième procès en audience publique devant la Chambre d’assises. Au cœur des débats : l’affaire dite de Bossémbele, un dossier emblématique des violences graves commises entre 2009 et 2013.
Quatre accusés comparaîtront devant la juridiction hybride : François Bozizé Yangouvonda, ancien chef de l’État, Eugène Barret Ngaïkosset, ainsi que Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy. Tous sont poursuivis pour crimes contre l’humanité, incluant meurtres, détentions arbitraires, actes de torture et disparitions forcées.
Des faits graves au cœur de l’appareil sécuritaire
Selon l’acte d’accusation, les crimes auraient été perpétrés notamment à Bangui et à Bossémbele, dans des lieux sensibles tels que le centre d’instruction militaire et la maison d’arrêt. Les poursuites évoquent des violations graves des règles fondamentales du droit international, ayant entraîné d’importantes souffrances physiques et psychologiques chez les victimes.
L’ancien président François Bozizé Yangouvonda est spécifiquement mis en cause pour des faits commis durant son mandat. Il fait actuellement l’objet d’un mandat d’arrêt international, ce qui confère à cette procédure une dimension particulière, à la fois judiciaire et politique.
Un test pour la justice transitionnelle
Créée en 2015, la Cour pénale spéciale est chargée de juger les crimes les plus graves commis sur le territoire centrafricain depuis 2003. Composée de magistrats nationaux et internationaux, elle incarne l’un des principaux instruments de la justice transitionnelle dans le pays.
Ce sixième procès est perçu comme un moment charnière pour l’institution, appelée à démontrer sa capacité à traiter des dossiers sensibles impliquant des personnalités de haut rang. Pour les victimes, il représente aussi un espoir de reconnaissance et de réparation après des années de silence.
Présomption d’innocence rappelée
À ce stade de la procédure, la CPS insiste sur un principe fondamental : tous les accusés sont présumés innocents jusqu’à l’établissement de leur culpabilité par la juridiction compétente.
Un rendez-vous judiciaire sous haute attention
L’ouverture de ce procès sera suivie de près tant au niveau national qu’international. Dans un contexte où la stabilité et la réconciliation restent fragiles, cette audience pourrait marquer un tournant dans la consolidation de l’État de droit en République centrafricaine.
