Par Belvia Espérance
Bangui, 04 mai 2026 – (Eclipse d’Afrique) : À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée ce 3 mai 2026, l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA) a livré une déclaration forte, mettant en lumière les avancées, mais surtout les défis persistants auxquels fait face le secteur médiatique dans le pays.
Placée sous le thème « Façonner un avenir en paix », cette édition interpelle sur le rôle central des médias dans la consolidation de la paix et du vivre-ensemble. Dans un contexte centrafricain marqué par une quête de stabilité durable, l’UJCA rappelle qu’une presse libre, indépendante et responsable constitue un levier stratégique pour informer les citoyens, renforcer la confiance et accompagner les efforts de réconciliation nationale.
Selon les données de Reporters sans frontières, la République centrafricaine occupe en 2026 la 81e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse, un positionnement qui reflète à la fois des progrès notables et des insuffisances préoccupantes.
Dans sa déclaration, l’UJCA a rendu un hommage appuyé aux journalistes ayant perdu la vie dans l’exercice de leur métier, tout en exprimant sa solidarité envers ceux qui subissent injustices, intimidations ou incompréhensions. La question de la sécurité des professionnels des médias demeure en effet une préoccupation majeure. Les menaces et entraves constatées sur le terrain continuent de compromettre l’exercice serein du journalisme.
Au-delà de la sécurité, l’organisation pointe également les conditions socio-professionnelles précaires qui fragilisent l’indépendance éditoriale. Faibles rémunérations, absence de protection sociale et manque d’équipements adéquats constituent autant de facteurs qui limitent la capacité des médias à remplir pleinement leur mission. Toutefois, l’UJCA salue les efforts récents visant à améliorer le climat institutionnel, notamment le dialogue instauré entre les autorités publiques et les professionnels des médias. Une dynamique jugée encourageante, mais qui nécessite d’être consolidée face à la persistance de certaines pressions.
Dans une perspective d’avenir, l’organisation insiste sur l’urgence de renforcer la formation et la professionnalisation des journalistes, particulièrement face aux défis du numérique, de la désinformation et des discours de haine. Elle rappelle également que la liberté de la presse implique une responsabilité, notamment le respect strict de l’éthique et de la déontologie. Par ailleurs, l’UJCA plaide pour la mise en place effective de la commission d’attribution de la carte de presse, considérée comme un outil essentiel pour structurer la profession et lutter contre les dérives liées à l’exercice du métier par des acteurs non qualifiés.
Enfin, l’Union appelle les organisations professionnelles des médias à se restructurer et à renforcer leur gouvernance afin de porter une action collective cohérente en faveur de la liberté de la presse. Elle réaffirme sa volonté de travailler en synergie avec les institutions nationales et les partenaires internationaux pour bâtir un environnement médiatique plus libre, plus sûr et plus professionnel.
En conclusion, l’UJCA rappelle que protéger les journalistes, garantir leur indépendance et renforcer leur professionnalisme revient à protéger la démocratie elle-même. Un message fort en cette journée symbolique, où la liberté de la presse apparaît plus que jamais comme un pilier essentiel de la paix.
