Par Belvia Espérance
Bangui, 13 mai 2026 – (Eclipse d’Afrique) : La dynamique de modernisation du secteur agricole centrafricain vient de franchir une nouvelle étape. La Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale a accordé un prêt de deux milliards de francs CFA à la Société Industrielle Agricole et de Développement Centrafrique pour la réalisation d’un complexe agro-industriel à Pissa, dans la commune de Bobangui, à près de 80 kilomètres de Bangui.
La signature de l’accord est intervenue le 8 mai 2026 dans la capitale centrafricaine entre le président de la BDEAC, Dieudonné Evou Mekou, et celui de la SIAD-CA, Jean-Luc Tété. La banque BGFIBank Centrafrique, représentée par son directeur général Hervé Ghislain Kogboma-Yogo, intervient dans le projet en qualité de banque agente.
Au-delà du simple financement, cette initiative traduit une volonté plus large : celle de structurer une véritable chaîne de valeur agricole en République centrafricaine. Le projet repose sur une approche intégrée combinant production agricole, transformation industrielle et valorisation des ressources locales. Dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations alimentaires, les autorités économiques espèrent ainsi renforcer progressivement l’autonomie productive du pays.
Le manioc constituera l’une des principales cultures développées sur le site, avec une production annoncée de plus de 5 000 tonnes dès 2026. Le projet prévoit également l’exploitation du moringa à partir de 2027, avant l’introduction du maïs et du soja dans les années suivantes. Cette diversification agricole vise à sécuriser les rendements tout en répondant aux besoins croissants du marché local.
L’autre enjeu majeur réside dans la transformation sur place des produits agricoles. Quatre unités industrielles devraient être installées afin d’assurer la fabrication de farine de maïs, de farine enrichie de manioc, de feuilles séchées de moringa et d’huile de moringa. Une orientation stratégique qui pourrait limiter les pertes post-récoltes et créer davantage de valeur ajoutée au niveau national.
Le projet porte également des ambitions sociales importantes. Selon les projections communiquées lors de la cérémonie, plus de 400 emplois directs et indirects pourraient être générés autour du complexe. Les communautés locales devraient ainsi bénéficier de nouvelles opportunités économiques dans une zone où les activités structurées demeurent limitées.
Sur le plan environnemental, les promoteurs annoncent la réhabilitation de plus de 1 000 hectares de terres dégradées. Un aspect présenté comme essentiel dans une période où les questions de durabilité agricole et de préservation des sols prennent une importance croissante dans les politiques de développement.
À travers cette opération, la BDEAC poursuit son positionnement comme acteur clé du financement des projets structurants en Afrique centrale. L’institution inscrit ce soutien dans le cadre de son plan stratégique « Azobé 2023-2027 », centré notamment sur la sécurité alimentaire, l’industrialisation et l’appui au secteur privé.
