Par Prince Bouanga
Bangui, 1er juin 2025- (Eclipse d’Afrique) : en prélude à l’organisation du 80e anniversaire du 5e Congrès Panafricain historique de Manchester, le Front Progressiste Panafricain (FPP), le Mouvement Socialiste du Ghana et le parti Panafricanism Today ont organisé une visio-conférence le 29 mai dernier. Une soixantaine de représentants venus de 32 pays dont des afrodescendants des USA et du Brésil ont pris part à cette conférence.
Dans le but de garantir la réussite de l’organisation du 80e anniversaire du 5e Congrès Panafricain historique de Manchester de 1945 qui doit avoir lieu cette année, de nombreux panafricanistes progressistes ont pris part à une importance conférence y préparatoire qui s’est tenue à distance entre plusieurs villes africaines.
Une soixantaine de leaders progressistes de l’Afrique et de la diaspora se sont retrouvés en visio-conférence le 29 mai dernier à l’initiative du Front Progressiste Panafricain, le Mouvement Socialiste du Ghana et Panafricanism Today. Plusieurs points ont été abordés dans le sens de la décolonisation véritable de l’Afrique et de la lutte contre l’impérialisme occidental.
D’entrée en jeu, Albie Walls du Parti Révolutionnaire Populaire Panafricain et modérateur de la conférence a souligné le poids historique et sans égal du Congrès de Manchester. Il rappelle que ce congrès avait non seulement défini l’agenda de la décolonisation et de la lutte anti-impérialiste, mais a aussi révélé la grandeur inégalable de la capacité de penser des panafricanistes de l’époque avec un niveau élevé en termes d’ampleur, d’organisation et de cohérence idéologique.
Il conclut en insistant sur l’urgence des mesures claires pouvant aboutir à l’unification de l’Afrique Progressiste. Roland Diagne de FERTET du Sénégal à la suite d’Albie Walls a fait une analyse de la pertinence durable du Congrès de Manchester. Il l’a présenté comme le 1ere grande rencontre des leaders politiques unis contre l’esclavage et le racisme. Diagne a présenté la région du Sahel comme un point chaud actuel du néocolonialisme.
« Depuis le début des années 2010, nous assistons à une résurgence du patriotisme et du désir de véritable souveraineté reflétant une compréhension profonde des méfaits du colonialisme » a-t-il noté. Il a critiqué la CEDEAO pour s’être écartée de sa mission de paix et de démocratie et exhorte par ailleurs le nouveau gouvernement ghanéen à la remettre sur les rails et a fait appel à l’unité africaine contre les interventions militaires étrangères des pays de l’OTAN.
Kwesi Pratt Jr du comité d’organisation du FPP s’est quant à lui appesanti sur la stratégie pour la commémoration du 80e anniversaire. Il a proposé la mise en place d’un comité d’organisation avec le FPP et le Panafricanism Today en tête pour la réussite. Il a insisté sur l’analyse des objectifs de 1945, les progrès réalisés et le chemin qui reste à faire et la conduite à tenir.
Il a aussi proposé des commissions spécialisées au sein du FPP avec des syndicats utiles pour la lutte sociale, des droits des femmes pour garantir leur participation active et un engagement de la jeunesse pour garantir son engagement pour le combat de la liberté. Des structures des liaisons entre les organisations populaires et les partis politiques ont été jugées utiles pour la mobilisation.
Pratt est revenu sur les questions cruciales sur la gestion du pouvoir politique en Afrique avec des interrogations comme qui le détient, sert-il les peuples africains et comment les partis progressistes peuvent l’acquérir pour changer l’avenir du continent.
Il a fait part de son inquiétude par rapport à la présence de l’OTAN, notamment dans les pays de l’AES qu’il qualifie de menace pour la souveraineté en citant Kwame Nkrumah : « Nous devons construire une Afrique sans bombes »
Albie Walls en concluant, a esquissé les prochaines étapes de l’organisation du 80e anniversaire du Congrès de Manchester en insistant sur la formation d’un comité central d’organisation et de planifier une réunion de suivi pour coordonner les préparatifs de la commémoration et les actions futures communes.
En fin, cette conférence a mis en lumière la résurgence d’une idéologie panafricaniste progressiste organisée sur le plan stratégique et déterminée à honorer son histoire et affronter les défis contemporains de la souveraineté et de l’unité du continent.
