Par Belvia Espérance
Bangui, 28 mai 2026-(Eclipse d’Afrique) : le Sénégal traverse l’une des plus importantes turbulences politiques de son histoire récente après la rupture spectaculaire entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié politique, Ousmane Sonko. Quelques jours seulement après son limogeage du poste de Premier ministre, le leader du PASTEF a été élu président de l’Assemblée nationale, ouvrant une nouvelle phase de confrontation institutionnelle au sommet de l’État.
Le 22 mai dernier, le président sénégalais a officiellement mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko et dissous son gouvernement à la suite de plusieurs mois de tensions internes autour de la gestion économique, des réformes institutionnelles et des relations avec les partenaires financiers internationaux.
Mais loin d’être écarté de la scène politique, Ousmane Sonko a rapidement repris l’initiative. Grâce à la majorité parlementaire détenue par le PASTEF, il a été élu le 26 mai président de l’Assemblée nationale avec 132 voix, devenant ainsi la deuxième personnalité de l’État sénégalais. Cette séquence politique inédite révèle désormais une fracture ouverte entre les deux hommes qui avaient incarné ensemble l’alternance politique de 2024.
Plusieurs observateurs évoquent une crise institutionnelle profonde susceptible de fragiliser le fonctionnement de l’État sénégalais. Dans son premier discours au perchoir, Ousmane Sonko a dénoncé ce qu’il qualifie d’« hyperprésidentialisme » et affirmé vouloir défendre un rééquilibrage des institutions sénégalaises. Il a également déclaré que cette crise constituait « une épreuve de vérité pour la démocratie sénégalaise ».
Au-delà de l’affrontement politique, cette crise intervient dans un contexte économique délicat pour Dakar. Le Sénégal fait face à une dette publique élevée, à des négociations sensibles avec le FMI ainsi qu’à des inquiétudes croissantes des investisseurs internationaux. Plusieurs analystes estiment que l’instabilité politique actuelle pourrait ralentir les réformes économiques promises par le pouvoir.
Malgré ces tensions, le PASTEF conserve une forte majorité au Parlement, ce qui laisse présager une longue bataille politique entre l’exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye et une Assemblée nationale désormais contrôlée par Ousmane Sonko.
