Par Belvia Espérance
Bangui, 30 juin 2026 – (Éclipse d’Afrique) : Face aux défis croissants liés au changement climatique, à l’insécurité alimentaire et à la dégradation des ressources naturelles, la Concertation nationale des organisations paysannes de Centrafrique (CNOPCAF) a réuni, ce mardi 30 juin à Bangui, les représentants du gouvernement, de la société civile et les partenaires du secteur agricole. Objectif : poser les bases d’une feuille de route consensuelle en faveur de la transition agroécologique et de la souveraineté alimentaire en République centrafricaine.
Confrontée à d’importants défis en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle, aggravés par les effets du changement climatique, la volatilité des marchés et les fragilités socio-politiques, la République centrafricaine est appelée à transformer en profondeur ses systèmes alimentaires. C’est dans cette optique qu’un atelier d’échanges s’est tenu à Bangui, réunissant les représentants du gouvernement, de la société civile et les acteurs du secteur agricole autour des enjeux de résilience, de durabilité et d’inclusivité.
« Cet atelier constitue un dialogue national afin que le gouvernement, la Présidence, l’Assemblée nationale et la société civile prennent pleinement en compte l’intégration de l’agroécologie dans notre système alimentaire », a déclaré Damala Hamadou, chef de programme de la Concertation nationale des organisations paysannes de Centrafrique (CNOPCAF).
Selon les organisateurs, l’agroécologie est aujourd’hui reconnue comme une réponse efficace aux défis du changement climatique. Elle offre des solutions concrètes pour renforcer la souveraineté alimentaire en augmentant la production locale, en réduisant la dépendance aux intrants extérieurs, en favorisant une gestion durable des ressources naturelles, en consolidant la stabilité des zones rurales et en créant des emplois décents pour les jeunes et les femmes à travers des chaînes de valeur durables.
Revenant sur ces enjeux, Damala Hamadou a expliqué : « Nous faisons partie des pays du bassin du Congo particulièrement exposés aux menaces environnementales. C’est pourquoi nous travaillons avec l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique, qui nous accompagne dans la mise en place d’une plateforme de plaidoyer auprès du gouvernement afin de définir ensemble des actions pour préserver le bassin du Congo. En Centrafrique, notre système alimentaire est fortement menacé. Avec le changement climatique, nous ne maîtrisons plus le calendrier agricole. Les températures sont de plus en plus élevées, les pluies deviennent imprévisibles et les cultures, notamment le maïs, jaunissent dans plusieurs localités. L’agroécologie constitue une alternative pertinente, car elle privilégie des pratiques respectueuses de l’environnement et limite l’utilisation de produits chimiques qui contribuent à la pollution. ».
À travers ces échanges, les participants ambitionnent de contribuer à la transformation durable des systèmes alimentaires en République centrafricaine en élaborant une feuille de route commune et consensuelle pour accompagner la transition agroécologique du pays.
