Par Belvia Espérance
Bangui, 19 août 2026 — La prévention et la préparation face aux épidémies demeurent au cœur de la stratégie sanitaire de la République centrafricaine. C’est ce qui ressort de la réunion de haut niveau consacrée à la riposte contre la maladie à virus Ebola et aux autres menaces sanitaires, récemment organisée à Bangui, selon les précisions apportées ce mercredi par le ministre conseiller et porte-parole de la Présidence, Albert Yaloke Mokpem.
Réunis dans la capitale centrafricaine, des responsables de haut niveau venus notamment de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Congo, du Soudan du Sud et de l’Ouganda ont partagé leurs expériences et leurs dispositifs de réponse face à la maladie à virus Ebola.
Alors que la République centrafricaine n’a, à ce stade, enregistré aucun cas déclaré d’Ebola, les autorités privilégient l’anticipation. Le pays entend ainsi renforcer les mécanismes de surveillance, de prévention et de préparation afin d’être en mesure de réagir rapidement en cas d’apparition de la maladie.
Cette approche préventive a été présentée comme l’une des principales expériences centrafricaines au cours de la rencontre. Les pays confrontés à des cas d’Ebola ont, de leur côté, exposé les mesures mises en œuvre sur leurs territoires et les enseignements tirés de leur expérience. Les participants ont notamment salué les efforts engagés par la Centrafrique pour éviter l’apparition et la propagation de la maladie.
Le choléra, une autre préoccupation sanitaire
Parallèlement à la menace d’Ebola, la question du choléra fait également l’objet d’une attention particulière des autorités centrafricaines. Des cas ayant été détectés dans certaines zones, notamment à Bimbo, les pouvoirs publics, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres partenaires internationaux, ont renforcé les dispositifs de prévention et de riposte.
Dans ce contexte, le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, a reçu à Bangui des responsables sous-régionaux de l’OMS venus échanger sur les mesures à prendre face au risque épidémique. Cette rencontre traduit, selon la Présidence, l’importance accordée au renforcement de la coopération sanitaire et à l’anticipation des crises.
Le ministère de la Santé a également engagé des missions et des visites dans différentes localités afin d’évaluer les dispositions existantes et de présenter les mécanismes mis en place pour faire face à une éventuelle aggravation de la situation.
L’anticipation plutôt que l’attente
Pour les autorités centrafricaines, l’enjeu consiste désormais à maintenir la vigilance et à renforcer les capacités nationales de prévention. La réunion de Bangui aura ainsi permis aux différents pays participants de confronter leurs expériences et de consolider la coopération régionale face aux maladies à potentiel épidémique.
S’exprimant lors de sa traditionnelle conférence de presse sur les activités gouvernementales, Albert Yaloke Mokpem a insisté sur cette dynamique de prévention. Pour la Centrafrique, l’objectif est clair : ne pas attendre l’apparition d’une crise sanitaire pour agir, mais mettre en place en amont les conditions permettant de limiter les risques et de protéger les populations. La mobilisation autour d’Ebola et du choléra illustre ainsi la volonté des autorités centrafricaines de faire de la prévention, de la surveillance épidémiologique et de la coopération avec les pays voisins et les partenaires internationaux des piliers de leur réponse sanitaire.
