Par Belvia Espérance
Addis-Abeba, 28 août 2026 – (Eclipse d’Afrique) L’Éthiopie se retrouve une nouvelle fois au cœur des préoccupations diplomatiques dans la Corne de l’Afrique. Alors que les tensions s’intensifient au Tigré, les appels à la médiation se multiplient pour éviter que la fragile paix issue de l’accord de Pretoria de 2022 ne vole en éclats.
L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, haut représentant de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, a récemment multiplié les consultations à Addis-Abeba et à Mekele. L’objectif est de préserver l’accord de paix qui avait mis fin à deux années de guerre entre les forces fédérales éthiopiennes et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Le problème est que plusieurs dossiers restent non résolus, notamment le statut du Tigré occidental, le retour des personnes déplacées et certaines questions politiques et sécuritaires. Ces contentieux alimentent les tensions et font craindre une nouvelle confrontation.
Pour l’Éthiopie, l’enjeu dépasse donc largement le seul Tigré. Une reprise des hostilités pourrait fragiliser davantage un pays déjà confronté à plusieurs défis internes, tout en accentuant les tensions avec ses voisins et en compliquant les équilibres dans une Corne de l’Afrique où les rivalités autour de la mer Rouge, du Nil et des questions sécuritaires sont déjà fortes.
La diplomatie éthiopienne se trouve ainsi face à un défi majeur : préserver ses ambitions régionales tout en empêchant une nouvelle crise intérieure de devenir un facteur supplémentaire d’instabilité dans toute la région.
