Par Arnold Ange FINMINI
Bangui, 1er septembre 2026 – (Eclipse d’Afrique) : Après plusieurs semaines consacrées à l’audition des témoins dans l’affaire dite « Bossembélé », la Cour pénale spéciale (CPS) observe une suspension avant la reprise des audiences prévue le 14 septembre 2026. Du 11 au 28 août 2026, plusieurs témoins ont comparu devant la juridiction spéciale dans cette affaire dans laquelle François Bozizé Yangouvonda et plusieurs autres coaccusés sont poursuivis par le Parquet spécial.
Au cœur des débats figurent notamment les accusations visant certains prévenus, dont Eugène Ngaïkosset, Vianney Semdjiro et Junior Danboy. Les poursuites concernent notamment des faits présumés de meurtres commis à main armée, de tortures ainsi que d’autres crimes susceptibles d’être qualifiés de crimes contre l’humanité.
À travers l’audition des témoins, la CPS cherche à établir les responsabilités individuelles des différents accusés et à faire toute la lumière sur les violences qui leur sont reprochées. Après cette première phase d’audiences, la Cour a décidé d’observer une pause avant la poursuite des témoignages prévue pour le 14 septembre prochain.
Les plaidoiries des parties civiles dans l’affaire dite « Guen »
Pendant cette suspension, la CPS poursuit parallèlement l’examen d’un autre dossier important : l’affaire dite « Guen », ce 31 août 2026, l’audience a été consacrée aux plaidoiries des avocats des parties civiles face aux conseils de la défense. Dans cette affaire, plusieurs accusés comparaissent devant la Cour, notamment François Boybanda, alias « Baléré », Philémon Kahena, alias « CB », Dieudonné Gomitoua, Edmond Beina et Jean Bahara.
Ces derniers sont poursuivis pour des faits qui auraient été commis entre février et mars 2014 dans la sous-préfecture de Gadzi, particulièrement dans les localités de Guen, Djomo et Gadzi.
Les poursuites portent notamment sur des faits allégués pouvant constituer des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre.Dans sa plaidoirie, Me Samuel Ndangassa, avocat des parties civiles, a demandé à la Cour de faire preuve de fermeté à l’égard des accusés dont la responsabilité serait établie.
Selon lui, aucune circonstance atténuante ne devrait être accordée aux personnes reconnues coupables, compte tenu de la gravité des faits qui leur sont reprochés. L’avocat a soutenu que les différents témoignages entendus au cours du procès ont permis d’établir la participation de plusieurs accusés aux infractions examinées par la Cour.
Pour Me Samuel Ndangassa, les éléments présentés au cours des audiences ne laissent aucun doute sur l’implication de certains prévenus. Il estime donc qu’ils doivent répondre de leurs actes devant la justice.Toutefois, dans sa plaidoirie, Me Samuel Ndangassa a également demandé à la Cour de mettre hors de cause l’accusé Dieudonné Gomitoua.
Selon lui, au regard des témoignages, des pièces versées au dossier et des circonstances entourant les faits, la participation effective de Dieudonné Gomitoua aux infractions reprochées n’a pas été suffisamment démontrée.L’avocat a notamment indiqué que l’accusé aurait été convalescent au moment des faits. Il aurait également tenté de jouer un rôle de médiateur afin de ramener Edmond Beina à la raison.
Me Samuel Ndangassa a souligné que Dieudonné Gomitoua n’était pas armé et qu’il était difficile pour lui de s’opposer durablement à des hommes armés et influents au moment des faits.C’est pourquoi l’avocat des parties civiles a estimé que la participation de Dieudonné Gomitoua aux crimes allégués n’était pas clairement établie et a demandé à la Cour de le mettre hors de cause.
En revanche, Me Samuel Ndangassa a affirmé que la participation de Jean Bahara aux faits reprochés serait établie. Il a ainsi demandé sa condamnation, au même titre que les autres accusés dont la responsabilité serait retenue par la Cour.
Au cours de sa plaidoirie, Me Samuel Ndangassa a également insisté sur la nécessité de rendre justice aux victimes des exactions commises dans les localités de Gadzi, Guen et Djomo.Pour les parties civiles, l’établissement des responsabilités individuelles et une décision de justice équitable constituent une étape importante pour soulager les victimes et leurs familles.
Il convient de rappeler que l’audience de ce 31 août 2026 était exclusivement consacrée aux plaidoiries des avocats des parties civiles. Les audiences doivent se poursuivre dès demain avec l’intervention du Parquet spécial, avant les différentes étapes prévues dans la suite de la procédure.
Entre la suspension temporaire de l’affaire dite « Bossembélé », dont les audiences reprendront le 14 septembre, et la poursuite des plaidoiries dans l’affaire dite « Guen », la Cour pénale spéciale continue ainsi l’examen de plusieurs dossiers majeurs liés aux graves violences ayant marqué la République centrafricaine.
