Par Edwige Mauricette WALANDA
Bangui, 9 septembre 2026- ( Éclipse d’Afrique): La justice tchadienne a rendu son verdict ce mercredi 9 septembre dans le procès d’Abdoulaye Miskine, ancien chef rebelle centrafricain, après onze jours d’audiences. La Chambre criminelle de la Cour d’appel de N’Djaména l’a condamné à 15 ans de réclusion et il devra également verser 30 millions de francs CFA à chacune des familles des victimes.
Né le 5 octobre 1965 à Ndinaba, dans le Moyen-Chari, au Tchad, Abdoulaye Miskine, de son vrai nom Koumtamadji Martin est une figure connue des conflits armés en Afrique centrale. Ancien officier de l’armée centrafricaine sous le régime d’Ange-Félix Patassé, il a ensuite pris la tête du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), un mouvement rebelle actif en République centrafricaine.
Arrêté en 2019, il était détenu depuis lors à la maison d’arrêt de Klessoum. Le procès portait sur des faits présumés commis entre 2002 et 2003 dans plusieurs localités situées à proximité de la frontière entre le Tchad et la République centrafricaine précisément à Tissi, Batangafo et Kabo.
Le chef rebelle était poursuivi pour plusieurs infractions graves, parmi lesquelles l’assassinat, la torture, l’enlèvement, la séquestration et le viol. Les accusations concernaient notamment des membres de communautés tchadiennes vivant dans les zones touchées par les violences.
Dans cette affaire, trois autres accusés jugés dans le même dossier ont été condamnés à dix ans de prison chacun. Les magistrats ont toutefois retenu des circonstances atténuantes en leur faveur.
Le ministère public avait requis 30 ans de prison contre Abdoulaye Miskine et dix ans contre ses trois coaccusés. De leur côté, les avocats de la défense avaient remis en cause la compétence des tribunaux tchadiens et soutenu que les faits étaient prescrits. Ils avaient demandé l’acquittement de l’ensemble des prévenus.
