Par Socrates Fibanga
Bangui, 23 septembre 2026 –( Éclipse d’Afrique) : Chaque saison des pluies, le scénario se répète. Des centaines de familles du 2e, 5e, 8e arrondissement et de Bimbo ont les pieds dans l’eau. Si l’Oubangui est un facteur naturel, la gestion humaine reste le maillon faible qu’il faut revoir afin de prévoir ce phénomène cyclique qui affecte de nombreux habitants de Bangui.
Dans le quartier de Petevo, au 6e arrondissement, l’eau est montée à 80 centimètres la semaine dernière. « On a dormi chez le voisin, sur la table. Tout le manioc est perdu », raconte Mariam, mère de quatre enfants. Son histoire est celle de milliers de Banguissois entre juillet et octobre.
Les experts pointent trois causes qui s’additionnent. D’abord, le débordement naturel du fleuve Oubangui, dont le niveau a augmenté ces dernières années. Ensuite, une urbanisation anarchique : on construit dans les bas-fonds et les couloirs naturels de l’eau. Enfin, et c’est la cause la plus évitable : 70% des caniveaux sont bouchés par des ordures ménagères et des sachets plastiques. L’eau ne peut plus s’évacuer.
Face à cela, la gestion ne peut pas se limiter à distribuer des bâches après la catastrophe. Elle doit se faire en trois temps.
La Direction Générale de la Protection Civile le reconnaît que le curage des grands collecteurs doit se faire en mai et juin, avant les grosses pluies. Or, il est souvent fait en urgence, en août. Du côté des familles, le réflexe est simple : nettoyer 2 mètres de caniveau devant sa parcelle. C’est un acte citoyen qui coûte zéro franc mais qui protège tout un îlot.
Les chefs de quartier ont aussi un rôle clé : recenser les personnes vulnérables, identifier le point haut (école, église) et créer une chaîne d’alerte par téléphone.
Quand l’eau monte, la première consigne est vitale : couper l’électricité pour éviter l’électrocution. Ensuite, monter en hauteur et ne jamais tenter de traverser un courant de plus de 30 cm. Les équipes de la Croix-Rouge Centrafricaine rappellent que l’eau d’inondation est impropre à la consommation : elle est un vecteur de choléra et de typhoïde.
« Notre première intervention, ce n’est pas l’eau, c’est l’information. Dire aux gens où aller et quoi ne pas faire », explique un secouriste du 8e arrondissement qui rappelle les autorités à adopter des mesures préventives plus adaptées.
