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Centrafrique : quatre plateformes de la société civile annoncent une plainte après l’appel à la ville morte

octobre 12, 2026
in Nouvelles
Centrafrique : quatre plateformes de la société civile annoncent une plainte après l’appel à la ville morte
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Par Belvia Espérance

Bangui, 12 octobre 2026 – (Eclipse d’Afrique) : Quatre plateformes de la société civile ont annoncé leur intention de porter plainte contre les initiateurs de l’appel à une journée ville morte en République centrafricaine. Lors d’une conférence de presse organisée lundi à l’Omnisports de Bangui, leurs responsables ont dénoncé les conséquences de cette initiative sur les activités économiques et le fonctionnement des services publics.

La plateforme Émergence, la Synergie centrafricaine, la coalition Centrafrique Libre et le Mouvement des jeunes pour la défense de la patrie ont exprimé leur opposition à cet appel, lancé dans un contexte de contestation de la récente hausse des prix des hydrocarbures.

Dans le propos liminaire lu au nom du groupe, le Dr Éloge Koy Doctrouve a qualifié cette initiative d’irresponsable. Il a annoncé le dépôt, mardi 13 octobre, d’une plainte en citation directe auprès du tribunal de grande instance de Bangui contre les personnes considérées comme responsables de cet appel.

Des conséquences dénoncées sur les activités quotidiennes

Pour Ben Wilson Ngassan, coordonnateur de la plateforme Émergence, l’appel à la ville morte a des conséquences qui dépassent la seule expression d’un mécontentement face à la hausse des prix du carburant. Il estime que cette initiative porte atteinte aux activités économiques et au fonctionnement des services publics. Il évoque notamment la fermeture temporaire de salles de classe pendant environ deux heures au cours de la journée, ainsi que les difficultés susceptibles d’affecter les commerçants et les autres travailleurs.

Le responsable déplore également les répercussions de cette situation sur les conducteurs de taxis-motos. Selon lui, des rumeurs faisant état de possibles violences contre ceux qui poursuivraient leurs activités auraient circulé afin de les dissuader de travailler.

Les responsables des quatre plateformes dénoncent ces pratiques présumées et affirment que la liberté d’expression ne doit pas servir à justifier des actes susceptibles d’entraîner des conséquences judiciaires. Ces accusations restent toutefois à examiner par les autorités compétentes.

Les initiateurs de l’appel visés par une plainte

Le Dr Éloge Koy Doctrouve a précisé que la démarche judiciaire annoncée vise à demander à la justice d’examiner les responsabilités liées à l’appel à la ville morte. Les conférenciers soutiennent que la perturbation des activités commerciales et des services publics pénalise la population, dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires auxquelles fait face le pays.

Ils affirment par ailleurs que la contestation des prix des hydrocarbures ne saurait justifier, selon eux, une paralysie des activités nationales. Leur démarche se veut une réponse judiciaire à une initiative qu’ils considèrent comme préjudiciable aux intérêts des citoyens.

La hausse des prix des hydrocarbures au cœur du différend

La mobilisation contestée intervient après la récente révision des prix des hydrocarbures par le gouvernement. Sur cette question, les quatre plateformes défendent la décision des autorités, en invoquant les fluctuations des cours du pétrole sur le marché international et les coûts supportés par les importateurs et les distributeurs.

Selon les arguments présentés lors de la conférence de presse, le maintien des anciens prix risquerait de fragiliser l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les responsables évoquent également le poids des subventions sur les finances publiques et la nécessité de mobiliser des ressources pour financer des secteurs prioritaires, notamment la santé, l’éducation, les infrastructures routières et l’énergie.

Ils appellent ainsi les Centrafricains à ne pas céder aux rumeurs et à privilégier des moyens de contestation qui ne compromettent pas les activités quotidiennes. Le dépôt annoncé de la plainte, prévu le mardi 13 octobre, constitue la prochaine étape de leur démarche. Les suites de cette affaire dépendront désormais des procédures engagées devant la justice.

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