Par Arnold Ange FINMINI
Bangui, 15 octobre 2026 – (Éclipse d’Afrique) « Innover aujourd’hui pour nourrir demain ». C’est sous ce thème que sera célébrée, ce vendredi 16 octobre, la Journée mondiale de l’alimentation (JMA). Dans son message lu à Bangui par sa Représentante en Centrafrique, Mme Irène Ivette Labia Ouoba, le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, appelle à rendre les innovations agricoles accessibles au plus grand nombre pour éradiquer durablement la faim.
645 millions de personnes souffrent encore de la faim
Malgré les avancées scientifiques, l’insécurité alimentaire reste alarmante. Selon la FAO, 645 millions de personnes souffraient encore de la faim en 2025, et une personne sur trois dans le monde n’avait pas les moyens de s’offrir une alimentation saine.
Pour l’organisation onusienne, la solution ne réside pas seulement dans la création de nouvelles technologies, mais surtout dans la diffusion à grande échelle de celles qui ont déjà fait leurs preuves. Des innovations simples, abordables et adaptées aux réalités locales, au profit des petits producteurs, des femmes et des jeunes.
Du numérique à la sagesse ancestrale
Qu Dongyu met en avant le rôle clé des nouvelles technologies. Les services numériques permettent aux agriculteurs d’accéder aux prévisions météo, aux prix du marché et aux conseils agricoles. Les capteurs d’humidité des sols, l’irrigation de précision et la surveillance des maladies animales renforcent la productivité tout en préservant les ressources.
Les outils satellitaires, quant à eux, aident à suivre la déforestation et à anticiper les crises alimentaires grâce à des systèmes d’alerte précoce.
Mais la FAO n’oublie pas les savoirs traditionnels.
Les pratiques des agriculteurs, des peuples autochtones et des communautés locales pour la conservation des semences, la gestion de l’eau et la protection des sols constituent, selon elle, une source d’innovation majeure. Un patrimoine valorisé à travers son programme SIPAM (Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial).
L’accès reste le principal obstacle
Le frein majeur reste l’accès limité au financement, aux infrastructures, aux technologies et aux marchés, notamment pour les petits exploitants.La FAO plaide ainsi pour une coopération renforcée entre États, recherche, secteur privé et organisations paysannes, et pour des investissements massifs dans les infrastructures, la formation et la vulgarisation agricole.
Un impératif d’autant plus urgent que les systèmes agroalimentaires génèrent près d’un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre et consomment plus de 70% de l’eau douce prélevée.
Un appel à l’action collective
La FAO invite les gouvernements à créer des politiques favorables à l’innovation, les entreprises à proposer des services accessibles, et les communautés à co-concevoir les solutions pour garantir leur durabilité.
En Centrafrique, où l’agriculture reste le pilier de la sécurité alimentaire, cet appel résonne particulièrement. Renforcer les capacités des producteurs et promouvoir des pratiques durables est une condition essentielle pour garantir une alimentation suffisante, saine et durable pour tous.
Au-delà du slogan, « Innover aujourd’hui pour nourrir demain » rappelle que les solutions existent. Reste à les rendre accessibles et à les mettre en œuvre à grande échelle.
