Par Basta Balouwa
Bangui, 10 mars 2026 – (Eclipse d’Afrique) : Le ministère centrafricain de la Défense nationale et de la Reconstruction de l’Armée a annoncé l’arrestation d’un ressortissant français, présenté comme employé de l’organisation non gouvernementale Médecins Sans Frontières (MSF), soupçonné d’implication dans une tentative de déstabilisation de la situation sécuritaire dans la préfecture du Haut-Mbomou, à l’extrême sud-est du pays.
Dans un communiqué officiel rendu public le 9 mars, les autorités indiquent que l’individu interpellé se nomme Zamparini Roux François Antoine. Il aurait été arrêté le 3 mars 2026, aux environs de la ville de Zémio, à la suite d’informations remontées par les populations locales et grâce à l’intervention des éléments de la gendarmerie nationale déployés dans la zone.
Selon les premières informations communiquées par le ministère de la Défense, le suspect serait impliqué dans des activités jugées suspectes dans cette région sensible du pays. Les premières investigations menées par les services de sécurité centrafricains laissent penser qu’il aurait établi des contacts avec des individus qualifiés de criminels opérant dans la zone.
Toujours selon la même source, l’homme aurait également entrepris des démarches auprès de certaines communautés locales, notamment au sein de l’ethnie Azandé, dans le but présumé d’inciter la population à adopter une attitude hostile à l’égard des autorités légalement établies de la République centrafricaine.
« L’identité de la personne interpellée a été formellement établie. Il s’agit de Zamparini Roux François Antoine, employé de l’organisation non gouvernementale Médecins Sans Frontières (MSF), arrivé sur le territoire centrafricain en provenance de la République démocratique du Congo », précise le communiqué du ministère.
Les autorités affirment par ailleurs que l’intéressé aurait pénétré sur le territoire centrafricain en contournant les points de passage officiels, ce qui soulève des interrogations sur les conditions de son entrée dans le pays ainsi que sur les véritables motivations de sa présence dans la région de Zémio.
À ce stade, les circonstances exactes de son déplacement dans cette localité du Haut-Mbomou et les objectifs de son séjour restent à éclaircir. Une enquête a été ouverte afin d’établir les faits avec précision et déterminer d’éventuelles complicités.
Du côté de l’organisation Médecins Sans Frontières, citée dans cette affaire, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée au moment de la publication du communiqué des autorités centrafricaines.
Cette interpellation intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile dans l’est de la République centrafricaine, où les autorités poursuivent leurs efforts pour rétablir l’autorité de l’État et lutter contre l’influence persistante de groupes armés dans certaines zones reculées.
Elle rappelle également une affaire similaire survenue dans la même préfecture. En mai 2024, Joseph Martin Figueira, consultant belgo-portugais travaillant pour l’organisation américaine Family Health International 360, avait été arrêté dans le Haut-Mbomou. Les autorités centrafricaines l’accusaient alors d’avoir entretenu des contacts avec des groupes rebelles opérant dans la région.
À l’issue de la procédure judiciaire, la justice centrafricaine l’avait condamné, le 4 novembre 2025, à dix ans de travaux forcés, une décision qui avait suscité une forte attention au niveau international.
L’arrestation du ressortissant français à Zémio pourrait ainsi raviver les interrogations sur les activités de certains acteurs étrangers présents dans des zones sensibles du territoire centrafricain, tout en relançant le débat sur la nécessité pour les autorités de renforcer le contrôle des mouvements transfrontaliers dans cette partie du pays.
Pour l’heure, les autorités centrafricaines assurent que les investigations se poursuivent et que toute la lumière sera faite sur cette affaire dans le strict respect des procédures judiciaires en vigueur.
