Par Euddamanzi
Bangui, 19 mars 2026- (Eclipse d’Afrique) : à l’extrême-nord de la République Centrafricaine, le long de la frontière avec le Soudan, les 1ers signes d’un apaisement durable commencent à émerger. Plusieurs mois après la signature en octobre 2025 d’un accord local de paix soutenu par la MINUSCA, les populations observent une reprise progressive de la vie économique et sociale dans cette zone longtemps marquée par l’insécurité.
Une reprise timide mais concrète
Dans les localités d’Am-Dafock, côté centrafricain, et d’Um-Dafuq, côté soudanais, les mouvements de population reprennent peu à peu. Les échanges, autrefois paralysés par la crainte des violences et des affrontements intercommunautaires, retrouvent un semblant de normalité.
« Avant, la peur empêchait beaucoup de gens de circuler librement. Aujourd’hui, les activités reprennent progressivement » confie Abacar Mahamat, habitant de la zone.
La relance des flux transfrontaliers s’accompagne d’un redémarrage des activités commerciales. Les marchés locaux, longtemps désertés, voient revenir vendeurs et acheteurs, redonnant un souffle à des économies locales fragilisées par des années de tensions.
Dialogue et coexistence retrouvés
Autre avancé notable : la gestion de la transhumance, souvent source de conflits entre éleveurs et agriculteurs. Grâce à des mécanismes de dialogue communautaire mis en place dans le cadre de l’accord, les déplacements du bétail sont désormais mieux encadrés. Ces espaces de concertation contribuent à réduire les tensions et à restaurer une coexistence pacifique entre communautés.
« Nous pouvons maintenant aller au marché et rendre visite à nos proches de l’autre côté de la frontière » témoigne Cinthya Mbaye, illustrant le retour progressif des liens sociaux transfrontaliers.
Le retour des réfugiés, signe d’espoir,
Parmi les indicateurs les plus encourageants figure le retour de certaines familles déplacées. Après des mois, voire des années d’exil, des habitants commencent à regagner leurs villages d’origine pour reprendre leurs activités agricoles. Ce mouvement encore limité, reste néanmoins un signal fort de la confiance retrouvée même si la situation demeure fragile.
Une paix encore à consolider
Malgré ces avancées, les défis restent nombreux. La pérennité de cet accord dépendra de la capacité des acteurs locaux à maintenir le dialogue, mais aussi du soutien continu des partenaires internationaux. La MINUSCA poursuit son accompagnement, en appuyant les initiatives locales de médiation et en veillant à la mise en œuvre effective des engagements pris par les parties.
Dans cette région longtemps marquée par l’instabilité, l’accord d’octobre 2025 apparait comme une opportunité réelle de sortir du cycle des violences. Mais pour les populations d’Am-Dafock et d’Um-Dafuq, la paix reste un équilibre fragile qu’il faudra consolider jour après jour.
