Par Belvia Espérance
Bangui, 16 avril 2026 – (Eclipse d’Afrique) : Un drame s’est produit hier au Lycée de Dékoa, où une manifestation d’élèves réclamant la régularisation des listes de bénéficiaires de bourses scolaires a viré à la tragédie. Selon plusieurs sources concordantes, la répression de ce mouvement par les forces de l’ordre a entraîné la mort de deux élèves et fait plus de cinq blessés.
Face aux accusations portant sur la publication d’une liste jugée frauduleuse, les responsables du Projet Maïngo ont tenu un point de presse dans la salle de conférence Salle Justine Kazangba afin d’apporter des éclaircissements à l’opinion publique.
Des accusations de fraude à l’origine des tensions
D’après des témoignages recueillis sur place, plusieurs élèves affirment que la liste des boursiers aurait été manipulée, excluant certains bénéficiaires au profit d’élèves fictifs. Depuis trois ans, ce programme, soutenu par la Banque mondiale, octroie des bourses scolaires pour promouvoir l’éducation, en particulier celle des jeunes filles à travers le pays.
Contacté via les réseaux sociaux, un témoin oculaire, Verdy Poumale, a déclaré : « L’ONG Maïngo est venue pour le paiement des bourses destinées aux élèves de la 6e à la 3e. Toutes les filles ont été validées ainsi que 25 garçons. Cependant, des autorités auraient introduit des noms fictifs sur la liste, provoquant la colère des élèves. Les forces de l’ordre ont riposté en tirant, causant la mort de deux élèves et plusieurs blessés. »
La réaction du coordonnateur du projet
Lors de la conférence de presse, le coordonnateur du projet Maïngo, Léon Patrice Ngueretia, a réfuté toute implication de son organisation dans les irrégularités dénoncées.
« Lors de l’enregistrement et de la vérification des identités scolaires pour le paiement des bourses, un événement tragique est survenu, entraînant le décès de deux élèves. La mission consistait à vérifier les filles de la classe de 6e et un quota de 15 % de garçons. Cependant, de nombreux élèves étaient absents en raison des congés de Pâques et des examens blancs du BAC et du BEPC », a-t-il expliqué.
Il a également indiqué que la tension est montée après que certains élèves n’ont pas retrouvé leurs noms sur la liste, entraînant la mobilisation de parents et un climat de mécontentement général. Face aux menaces, les opérations ont été suspendues à la demande des autorités locales, notamment du député de la circonscription, afin d’assurer la sécurité de l’équipe.
Responsabilités et perspectives
Selon le coordonnateur, la responsabilité de l’établissement des listes incombe aux autorités locales et scolaires. Il a néanmoins annoncé la tenue prochaine d’une réunion avec les parties prenantes pour renforcer les mécanismes de contrôle et garantir la transparence du processus.
Le projet Maïngo a, par ailleurs, réitéré son engagement en faveur de l’éducation en République centrafricaine, notamment à travers l’octroi de bourses destinées à encourager la scolarisation des jeunes filles.
Un drame qui appelle à la lumière
Alors qu’une vive émotion continue de secouer la ville de Dékoa, la population attend l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur ce drame.
