Par Belvia Espérance
Bangui, 4 mai 2026 – (Eclipse d’Afrique) La Cour pénale spéciale (CPS) poursuit l’instruction de l’affaire dite « Bossombélé » avec la tenue annoncée d’une troisième conférence de mise en état prévue le 6 mai 2026 à Bangui. Cette étape procédurale, organisée à huis clos, marque une avancée significative vers l’ouverture du procès dans ce dossier emblématique de crimes graves commis en République centrafricaine.
Selon le communiqué officiel, cette conférence réunira le Parquet spécial, les parties civiles et les accusés, à savoir François Bozizé Yangouvonda, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy.
Des accusations lourdes de crimes contre l’humanité
Les quatre accusés sont poursuivis pour des faits qualifiés de crimes contre l’humanité, incluant notamment meurtres, actes de torture, emprisonnements arbitraires, disparitions forcées et autres actes inhumains. Ces violations graves du droit international auraient été commises entre 2009 et 2013, principalement à Bangui, à Bossombélé, ainsi que dans des lieux de détention comme le centre d’instruction militaire et la maison d’arrêt.
Dans le détail, François Bozizé Yangouvonda, en sa qualité d’ancien chef de l’État, est accusé d’avoir une responsabilité dans ces actes présumés. Il fait par ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt international. Les autres coaccusés sont également poursuivis pour leur implication présumée dans ces exactions.
Une étape clé avant le procès
La conférence de mise en état vise à organiser le futur procès en fixant les modalités pratiques, en examinant les éléments de preuve et en garantissant le respect des droits de toutes les parties. La CPS souligne que cette phase est essentielle pour assurer un procès équitable, dans le respect des normes internationales.
Malgré la gravité des accusations, la juridiction rappelle que tous les accusés bénéficient de la présomption d’innocence à ce stade de la procédure.
Un dossier emblématique pour la justice centrafricaine
Créée en 2015, la Cour pénale spéciale est une juridiction hybride chargée de juger les crimes les plus graves commis sur le territoire centrafricain depuis 2003. L’affaire « Bossombélé » s’inscrit parmi les dossiers les plus sensibles traités par cette institution, dans un contexte marqué par la lutte contre l’impunité et la recherche de justice pour les victimes.
La tenue de cette nouvelle conférence confirme la volonté des autorités judiciaires de faire avancer les procédures, malgré la complexité des affaires liées aux conflits passés.
