Par Belvia Espérance
Bangui, 22 mai 2026 – (Éclipse d’Afrique) : Disposant d’un tissu entrepreneurial largement dominé par les petites et moyennes entreprises (PME), principalement actives dans le bois, l’artisanat, l’agriculture et les services associés, la République centrafricaine voit ces entreprises jouer un rôle central dans l’emploi et la production. Toutefois, elles restent faiblement intégrées dans les chaînes de valeur régionales, en raison notamment des contraintes liées à la productivité, à la qualité, à l’accès aux marchés et au financement.
Pour répondre à ces difficultés, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec ses partenaires gouvernementaux, a initié une formation de trois jours, dont deux consacrés à l’accès aux financements et un dernier ce 21 mai, axé sur la concertation. Cette initiative vise à renforcer les capacités des acteurs publics et privés afin d’améliorer l’accès des PME centrafricaines aux financements, mais aussi à finaliser et valider le Programme national d’appui aux PME et aux chaînes de valeur régionales.
D’après monsieur Guenefio, Directeur de cabinet au ministère du Commerce et de l’Industrie : « Il est question aujourd’hui de renforcer les capacités des PME centrafricaines afin de leur faciliter l’accès au crédit. Pourquoi le thème de ce jour ? Parce que, depuis un certain temps, la question de la participation des PME dans les chaînes de valeur régionales et dans l’économie nationale se pose avec acuité. Il est donc primordial de mobiliser les PME et de leur inculquer des éléments opérationnels pour l’exercice de leurs activités. D’autre part, il s’agit de leur permettre de voir comment elles peuvent avoir accès au crédit afin de développer leurs activités aux niveaux national, régional et international dans le contexte de la ZLECAF. »
Poursuivant son intervention, il a ajouté : « Vous avez observé dans cette salle la présence de différents participants et entrepreneurs représentant des PME. Ils vont échanger entre eux afin de faire ressortir les difficultés qui freinent leurs activités. Aux partenaires, de leur côté, de voir si les PME centrafricaines ont pleinement pris conscience de leur participation à l’économie nationale, sous-régionale et internationale. »
Selon Ghitu-I-Mundunge, représentant de la CEA, plusieurs analyses ont été menées sur les défis empêchant les PME centrafricaines de se développer. Cette session apparaît ainsi comme un début de réponse aux difficultés liées à leur intégration dans la ZLECAF.
« Des travaux conduits au cours des derniers mois ont permis de produire des analyses approfondies sur les contraintes et les opportunités liées au développement des PME en République centrafricaine. Nous avons mis en évidence plusieurs défis structurels : les faibles capacités productives, l’accès limité au financement, l’insuffisance des mécanismes d’accompagnement, la faiblesse de la coordination institutionnelle ainsi qu’un accès limité aux marchés régionaux », a-t-il précisé dans son mot de circonstance.
Pour la représentante du coordonnateur résident du système des Nations Unies, Zahira Virani, cette rencontre constitue une étape importante dans le renforcement du rôle du secteur privé dans la transformation économique du pays.
« Cette rencontre marque une étape importante dans le processus engagé depuis plusieurs mois pour renforcer le rôle du secteur privé dans la transformation économique de la République centrafricaine. Depuis mai 2025, les travaux conduits par la Commission économique des Nations Unies ont permis de construire progressivement une vision commune autour des PME », a-t-elle déclaré.
Notons par ailleurs que cette activité fait suite à un précédent atelier national organisé en novembre 2025 sur le renforcement des PME, ainsi qu’à un dialogue politique de haut niveau portant sur les règles commerciales et d’origine de la ZLECAF, les procédures d’exportation, les normes de certification, les pratiques de production durables et la transformation locale.
