Par Belvia Espérance
Bangui 29 juillet 2026 – (Eclipse d’Afrique) : La recrudescence de la consommation de drogues et de médicaments détournés de leur usage médical préoccupe de plus en plus les autorités centrafricaines. Face à l’ampleur des saisies effectuées ces dernières semaines, le gouvernement redoute l’émergence de réseaux criminels susceptibles d’alimenter le marché national et de mettre en péril la jeunesse.
Lors de sa conférence de presse hebdomadaire tenue mardi à Bangui, le ministre conseiller à la Présidence de la République et porte-parole du gouvernement, Albert Yaloke Mokpem, a tiré la sonnette d’alarme sur un phénomène qu’il juge particulièrement inquiétant pour la santé publique et la sécurité.
Selon lui, les forces de défense et de sécurité ont récemment mis la main sur des quantités exceptionnelles de produits stupéfiants et de médicaments psychotropes. Les opérations ont notamment permis la saisie d’environ 2,5 millions de comprimés de diazépam, de plus de 2 000 ampoules de ce médicament, ainsi que d’importantes quantités de tramadol, de « tramaking » et de cannabis.
Des médicaments normalement prescrits pour soulager certaines douleurs ou traiter des troubles médicaux sont aujourd’hui détournés de leur vocation thérapeutique. Mélangés à l’alcool, aux boissons énergisantes ou à d’autres substances, ils peuvent provoquer une perte de contrôle, des comportements agressifs et une forte dépendance, a expliqué le porte-parole du gouvernement.
Pour les autorités, l’importance des saisies laisse penser que ces produits ne circulent pas de manière isolée. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer leur provenance, les circuits d’approvisionnement ainsi que les éventuels réseaux organisés impliqués dans leur introduction sur le territoire centrafricain. Certaines interpellations ont déjà eu lieu et les investigations se poursuivent afin de remonter toute la chaîne du trafic.
Albert Yaloke Mokpem a indiqué que le président de la République a instruit le gouvernement de renforcer les actions contre ce commerce illicite. L’objectif est de protéger la population, en particulier les jeunes, souvent les premières victimes de ces substances qui compromettent leur santé, leur équilibre social et leur avenir.
Le porte-parole du gouvernement a également salué le professionnalisme des forces de défense et de sécurité, dont les opérations ont permis de retirer du circuit une quantité importante de produits illicites. Il a souligné que ces résultats reposent également sur la coopération de citoyens qui transmettent des informations utiles aux enquêteurs, parfois au prix de risques personnels.
À travers cette offensive, les autorités entendent non seulement réprimer les trafiquants, mais aussi prévenir l’enracinement d’un phénomène susceptible de fragiliser durablement la jeunesse centrafricaine et de constituer une menace croissante pour la sécurité publique.
