Par Arnold Ange FINMINI
Bangui, 17 août 2026 – (Éclipse d’Afrique) : La Cour pénale spéciale (CPS) a poursuivi, ce vendredi 14 août 2026 à Bangui, ses audiences dans le cadre de l’affaire dite de Bossembélé, mettant en cause l’ancien président centrafricain François Bozizé Yangouvonda et plusieurs coaccusés, dont Eugène Ngaikosse, Vianney Semdjiro et Firmin Junior Danboy.
Selon les qualifications retenues dans le dossier, les accusés sont poursuivis notamment pour des faits liés à des meurtres commis avec armes et à des crimes contre l’humanité.Pour cette deuxième journée d’audience, les débats ont principalement porté sur la déposition du témoin Pierre Massi, appelé à s’exprimer sur la disparition et la mort de son frère Charles Massi.

À l’ouverture des débats, le parquet spécial a interrogé le témoin sur les relations qui existaient à l’époque entre l’ancien président François Bozizé et Charles Massi.
À la question de savoir s’il existait une collaboration entre les deux hommes, Pierre Massi a répondu qu’il n’en avait pas connaissance.
Interrogé ensuite sur le lieu où il se trouvait au moment de l’arrestation de Charles Massi, le témoin a déclaré qu’il se trouvait à Carnot lorsqu’il avait appris la nouvelle de la mort de son frère. Il a également rapporté les informations qu’il affirme avoir reçues concernant les circonstances de cette mort à Bossembélé.

Le témoin a notamment mis en cause l’ancien président François Bozizé, affirmant que Charles Massi aurait été tué sur son ordre et que sa tête aurait ensuite été présentée au palais présidentiel. Ces déclarations restent toutefois contestées dans le cadre des débats judiciaires.
De leur côté, les juges ont notamment interrogé le témoin sur d’éventuelles menaces ou pressions dont il aurait fait l’objet à la suite de ses témoignages. Pierre Massi a répondu n’avoir reçu aucune menace, que ce soit de Baboua, de Berbérati, de Bangui ou de l’extérieur du pays.
Les échanges entre les différentes parties ont ensuite fait apparaître des divergences concernant les circonstances exactes de la mort de Charles Massi. La défense a relevé des contradictions entre les déclarations de Pierre Massi et celles d’autres témoins entendus précédemment, notamment certains membres de la famille.
Pour les avocats de la défense, ces contradictions remettent en question la crédibilité du témoignage de Pierre Massi. Ils entendent ainsi demander à la Cour d’écarter, voire d’annuler, cette déposition en tant qu’élément de preuve.Après plusieurs heures d’échanges entre le parquet spécial, la défense et les juges, la Cour pénale spéciale a suspendu l’audience.

Les audiences doivent reprendre ce lundi 17 août 2026 avec la comparution et l’audition d’un autre témoin appelé à déposer dans le cadre de cette affaire.
L’affaire de Bossembélé reste ainsi au centre de l’attention de la justice centrafricaine. La CPS poursuit l’examen des témoignages, des charges et des différents éléments de preuve soumis à son appréciation afin de déterminer les responsabilités éventuelles des personnes poursuivies.
