Par Arnold Ange FINMINI
Bangui, 07 août 2026 – (Eclipse d’Afrique) : Dans plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine, la fabrication de foyers améliorés s’impose progressivement comme une activité génératrice de revenus pour de nombreux jeunes confrontés au chômage et à la précarité. À Gobongo, dans le 4ᵉ arrondissement de Bangui, cette activité artisanale permet à plusieurs d’entre eux de subvenir à leurs besoins quotidiens.
Fabriqués à partir de matériaux recyclés tels que l’argile, des tôles usées, des seaux métalliques et du grillage, ces foyers sont conçus de manière artisanale avant d’être vendus sur les marchés de la place.
Pour Stéphane Laporte, jeune artisan installé à Gobongo, cette activité constitue aujourd’hui sa principale source de revenus. Après plusieurs années d’expérience, il affirme être devenu professionnel:
« Nous fabriquons ces foyers avec de l’argile, des tôles et du grillage recyclés. Grâce à cette activité, nous arrivons à subvenir à nos besoins, à payer les frais de scolarité, à acheter nos vêtements et à ne plus dépendre entièrement de nos parents. Selon le modèle, un foyer est vendu entre 1 000 et 1 500 francs CFA, ce qui nous permet de joindre les deux bouts », a-t-il expliqué.
Du côté des consommateurs, ces foyers séduisent également par leurs performances. Rencontrée lors de son achat, Ursula, mère de famille résidant au quartier Cacamangoulou dans le 4ème arrondissement, a apprécié la qualité de ces foyers améliorés:
« Les foyers améliorés sont beaucoup plus pratiques. Ils permettent une cuisson rapide, même pendant la saison des pluies, et produisent beaucoup moins de fumée que les foyers traditionnels. En plus, ils sont accessibles financièrement. C’est pourquoi nous les privilégions », a-t-elle témoigné.
Au-delà de leur intérêt économique, les foyers améliorés contribuent à réduire la consommation de bois de chauffe, limitant ainsi la pression exercée sur les ressources forestières et les émissions de fumée nocives pour la santé des ménages.
Il convient toutefois de rappeler que le Code du travail ainsi que le Code de protection de l’enfance en République centrafricaine interdisent le travail des enfants. Si de nombreux jeunes se tournent vers des activités génératrices de revenus en raison de la cherté de la vie et du manque d’emplois, ces initiatives demeurent, dans bien des cas, insuffisamment encadrées.
Plusieurs acteurs plaident ainsi pour un meilleur accompagnement des jeunes artisans afin de favoriser leur insertion professionnelle, d’améliorer leurs conditions de travail et de valoriser leur contribution au développement économique du pays.
