Par Arnold Ange FINMINI
Bangui, 07 août 2026 – (Eclipse d’Afrique): Avec le retour de la saison des chenilles, les étals des marchés de la capitale retrouvent leurs couleurs. Au marché PK12, situé à la sortie nord de Bangui, ces insectes comestibles attirent de nombreux consommateurs. Riches en protéines et vendues à des prix accessibles, les chenilles constituent une alternative à la viande pour de nombreuses familles. Toutefois, si certains s’en réjouissent, d’autres refusent d’en consommer pour des raisons de santé ou de goût.
Au marché PK12, les vendeuses de chenilles sont installées le long de la route, où les clients viennent pour s’approvisionner. Parmi eux, Pierre Ngoya, fidèle consommateur, estime que les chenilles jouent un rôle important dans l’alimentation des Centrafricains.
« Je consomme régulièrement des chenilles. C’est une nourriture que Dieu nous a donnée pour aider les populations. Leur arrivée sur les marchés nous fait énormément plaisir, car elles permettent de réduire les dépenses alimentaires. Ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter de la viande peuvent se procurer des chenilles à partir de 500, 1000 ou 1500 francs CFA. C’est un aliment riche en protéines qui permet à beaucoup de familles de manger à leur faim », a-t-il expliqué.
Si les consommateurs apprécient ce produit, les commerçantes, elles, font face à la hausse des prix d’approvisionnement. Bertie, vendeuse de chenilles au marché PK12, témoigne des difficultés qu’elle rencontre.
« Nous nous rendons jusqu’à PK9, sur la route de Mbaïki, pour acheter les chenilles. Malheureusement, les prix ont augmenté. Les années précédentes, une cuvette coûtait environ 28 000 francs CFA. Aujourd’hui, elle est vendue à 30 000 francs CFA. Nous ne savons pas si cette hausse est liée à la déforestation ou à une baisse de la production » a–t-elle confié.
Cependant, tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Pour Paterne Wabangue, les chenilles provoquent des désagréments qui l’empêchent d’en consommer.
« Chaque fois que j’en mange, je ressens des douleurs et des maux de ventre. Il m’arrive même de vomir. C’est pourquoi je préfère ne pas en consommer, même si je constate qu’elles sont très abondantes sur les marchés cette année », a-t-il affirmé.
Malgré des avis partagés, les chenilles demeurent un aliment très apprécié en République centrafricaine. Leur richesse nutritionnelle et leur coût relativement abordable en font une source importante de protéines, notamment pour les ménages à faibles revenus. Néanmoins, la hausse des prix et les préférences alimentaires de certains consommateurs montrent que ce produit sesonnier reste un aliment préfèré des Centrafricains.
