Par Belvia Espérance
Bangui, 10 août 2026 — (Éclipse d’Afrique) : Le Gouvernement centrafricain monte au créneau face aux retards enregistrés dans la mise en œuvre de plusieurs projets d’infrastructures destinés aux populations du Nord-Est du pays. Dans un communiqué daté du 7 juillet 2025, le ministère de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, dénonce des blocages imputables à l’Office des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) et appelle à une reprise diligente des travaux.Ces projets s’inscrivent dans la politique gouvernementale de consolidation de la paix, de renforcement de la cohésion sociale et de désenclavement des régions de l’intérieur du pays. Ils bénéficient notamment de l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD) et de la Banque mondiale, pour répondre aux besoins en infrastructures des populations du Nord-Est.
Deux projets routiers au cœur des préoccupationsLes financements mobilisés concernent notamment la réhabilitation de la section routière Ndélé-Ouadda, ainsi que la construction de quatre ponts sur le tronçon Mbres-Ndélé. Des infrastructures considérées comme essentielles pour améliorer la mobilité des populations, faciliter les échanges économiques et renforcer l’accès aux services sociaux de base dans cette partie du pays.
Pour assurer la mise en œuvre opérationnelle de ces projets, le Gouvernement avait confié leur exécution à l’UNOPS, dans le cadre des mécanismes de partenariat établis avec les agences du système des Nations Unies.
L’UNOPS avait ainsi conclu des contrats avec des entreprises nationales, notamment l’Office national du matériel (ONM) et le groupement d’entreprises Matière/Sofia TP, chargés de réaliser les travaux.
Plus de 35 millions mobilisésSelon le Gouvernement, les marchés concernés représentent des montants importants. Le projet financé par l’AFD est évalué à 5 millions d’euros, tandis que celui financé par la Banque mondiale s’élève à 30 637 410 dollars américains.Malgré ces financements, l’exécutif centrafricain affirme constater avec « une profonde préoccupation » que les engagements contractuels liés à la réalisation des travaux n’ont pas été exécutés dans les délais attendus.
Le communiqué précise que les décaissements ont été effectués le 16 septembre 2022 pour le financement de l’AFD et le 19 novembre 2025 pour celui de la Banque mondiale. Le Gouvernement estime donc que ces retards compromettent la réalisation d’infrastructures jugées prioritaires pour les populations bénéficiaires.
Bangui demande des comptes à l’UNOPSFace à cette situation, le Gouvernement considère que les retards enregistrés sont susceptibles de compromettre les objectifs poursuivis avec les partenaires financiers. Ils pourraient également, selon l’exécutif, porter atteinte aux intérêts de l’État centrafricain et affecter la crédibilité des mécanismes de coopération mis en place autour de ces projets.
Bangui réaffirme toutefois son attachement au respect des engagements contractuels, ainsi qu’aux principes de responsabilité, de transparence, de bonne gouvernance et de redevabilité qui doivent guider l’action des institutions partenaires.
Le Gouvernement annonce par ailleurs que toutes les voies de recours appropriées, tant au niveau national qu’international, seront engagées afin que l’UNOPS assume pleinement ses responsabilités et que les intérêts de l’État centrafricain ainsi que ceux des populations bénéficiaires soient préservés.
Un appel aux partenaires pour débloquer les travaux
Dans son communiqué, l’exécutif centrafricain appelle également l’ensemble des partenaires techniques et financiers concernés à prendre les dispositions nécessaires pour permettre la reprise diligente des travaux et garantir l’achèvement des projets dans les meilleurs délais.
Au-delà de la question contractuelle, l’enjeu est également socioéconomique. La dégradation ou l’absence d’infrastructures routières et de franchissement constitue un frein majeur à la circulation des personnes et des marchandises dans le Nord-Est, une région où les besoins en désenclavement restent importants.
Le Gouvernement adresse enfin un message de solidarité et de confiance aux populations du Nord-Est, assurant de sa détermination à utiliser les moyens légaux, diplomatiques et institutionnels nécessaires afin que les infrastructures prévues soient effectivement réalisées et mises à leur disposition.
À travers cette sortie officielle, Bangui entend donc accélérer le déblocage de projets considérés comme stratégiques pour le désenclavement du Nord-Est et rappeler à ses partenaires leurs responsabilités dans l’exécution des engagements pris.
