Par Edwige Mauricette WALANDA
Bangui, 28 aout 2026 – (Éclipse d’Afrique) : Dans une conférence de presse tenue ce jeudi 27 août 2026 à l’Hôtel Ledger Plaza, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Dr Évariste Ngamana réagit aux récentes déclarations d’ Anicet Georges Dologuélé sur les ondes de Radio Ndekeluka au sujet de son passeport. En dénonçant une personnalisation d’une question relevant avant tout du droit, le gouvernement rejette les accusations visant le président Faustin Archange Touadéra et rappelle que la gestion du dossier doit se faire dans le respect des règles établies par la loi centrafricaine.
Selon le ministre, la question du passeport de l’ancien Premier ministre ne constitue pas une décision personnelle du chef de l’État. Elle vient d’une interrogation préalable sur son statut au regard du droit de la nationalité. Évariste Ngamana a ainsi rappelé les dispositions de la loi n°61.212 du 20 avril 1961 portant Code de la nationalité centrafricaine précisément son article 46, qui prévoit la perte de la nationalité centrafricaine lorsqu’un citoyen majeur acquiert volontairement une nationalité étrangère.
Le gouvernement affirme que Dologuélé a acquis la nationalité française en 1994. Dès lors, l’administration doit, selon le ministre, examiner les conséquences juridiques de cette situation avant toute délivrance d’un document officiel.
« Cette règle n’a pas été conçue pour répondre à un contentieux politique contemporain et ne vise aucune personnalité en particulier. Comme on a l’habitude de le dire, la loi a un caractère impersonnel. C’est-à-dire que cette loi n’a pas été faite exclusivement pour viser la personne de Dologuélé, ni pour répondre à un contentieux qui est d’actualité. », a fait mentionner le porte-parole du gouvernement.
Évariste Ngamana a également rejeté l’idée selon laquelle le président Touadéra serait directement à l’origine du problème rencontré par Dologuélé. Il estime que présenter le dossier comme une affaire personnelle entre l’opposant et le chef de l’État revient à détourner le débat de sa dimension juridique.
En outre, la situation de Dologuélé soulève une question institutionnelle concernant son mandat de député de Bocaranga 1. Le gouvernement rappelle toutefois qu’il ne lui appartient pas de prononcer lui-même la déchéance d’un parlementaire. Une telle décision relève des institutions compétentes.
« Le gouvernement ne doit ni se substituer aux juges, ni faire comme si une question constitutionnelle sérieuse n’existait pas. Son rôle, par contre, est de rappeler les textes, de poser la question et de laisser les institutions compétentes exercer leurs prérogatives. C’est le principe de séparation des pouvoirs. », a déclaré le Dr Évariste Ngamana .
Enfin, le gouvernement appelle au respect des institutions républicaines et distingue la liberté de critique des attaques personnelles. Pour Évariste Ngamana, un désaccord politique ne doit pas conduire à mettre en cause personnellement le chef de l’État ou à présenter une procédure administrative comme une décision dictée par des considérations politiques.
À travers cette conférence de presse, le gouvernement souhaite replacer le débat sur le terrain de la loi, tout en démentant les accusations portées contre le président de la République et en laissant aux institutions compétentes le soin de trancher les éventuelles conséquences juridiques de la situation de Dologuélé.
