Par Edwige Mauricette WALANDA
Bangui, 26 août 2026 – (Éclipse d’Afrique) : Le Conseil constitutionnel a déclaré irrecevable, mardi 25 août, la proposition de loi visant à encadrer les fonds spéciaux de la présidence de la République, communément appelés caisses noires.
Saisi le 18 août par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo, le Conseil constitutionnel a estimé que les députés étaient intervenus dans un domaine relevant de la compétence de l’exécutif. Les « sept Sages » ont rappelé que la gestion des crédits spéciaux relève exclusivement du pouvoir exécutif et que le Parlement ne peut lui imposer un mécanisme de contrôle de ces fonds.
Adoptée par une Assemblée nationale dominée par les députés de Pastef, la proposition de loi avait été défendue par Ousmane Sonko. Elle visait à renforcer la transparence autour des fonds placés à la présidence, dont l’utilisation n’est pas sujette à une justification publique détaillée.
La décision intervient dans un contexte de tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Les deux hommes, autrefois alliés au sein du même mouvement politique, affichent désormais des divergences de plus en plus visibles.
Au-delà de la bataille institutionnelle, la question de la transparence des fonds spéciaux reste entière. En privilégiant la protection des prérogatives de l’exécutif, le Conseil constitutionnel ferme la voie au contrôle parlementaire souhaité par les députés, mais relance le débat sur l’équilibre entre secret d’État, gestion des crédits spéciaux et exigence de reddition des comptes.
