Par Arnold Ange FINMINI
Bangui, 05 septembre 2026 – (Éclipse d’Afrique) : Face aux accusations du ministère public près la Cour pénale spéciale (CPS) et aux demandes du premier avocat de la partie civile, qui souhaitent voir les accusés déclarés coupables, Me Yvon Fred Mackpevo, premier avocat de la défense de François Boybanda, a défendu son client.
Dans son intervention, Me Yvon Fred Mackpevo a principalement contesté la solidité des charges retenues contre son client François Boybanda et a demandé à la Cour de ne pas retenir sa responsabilité pénale en l’absence de preuves établies au-delà de tout doute raisonnable. Il a également contesté l’existence d’un conflit armé non international entre les Selekas et les Anti-balakas dans les localités de Guen, Djomo et Gadzi au moment des faits, soutenant que les éléments Selekas n’y étaient plus présents lors des attaques. Il a, en conséquence, demandé à la Cour Pénale Spéciale d’écarter l’application de l’article 3 de la convention de Genève invoqué par le parquet spécial, estimant que l’ordonnance de renvoi n’avait pas suffisamment distingué les différentes phases des attaques, notamment celle du 1er février à Guen.

Me Yvon Fred Mackpevo a ensuite refusé les éléments contextuels avancés par le parquet spécial, notamment selon lesquels François Boybanda alias BALHERE aurait cherché à venger des exactions et pertes de biens qu’il aurait subies de la part du colonel seleka « Ali Waka-waka » à Mbaena. Il a également rejeté les accusations selon lesquelles son client aurait « vacciné » les combattants Anti-balakas afin de les rendre invulnérables aux tirs ennemis et aurait participé à une entreprise visant à exterminer les populations musulmanes considérées comme des Selekas. Il a également contesté tous les liens entre son client François Boybanda et la mort du colonel Waka-waka, estimant que plusieurs accusations reposaient essentiellement sur des rumeurs.
Pour démontrer que son client ne pouvait pas être assimilé à un responsable d’une entreprise de criminalité dirigée contre les civils musulmans, Me Yvon Fred Mackpevo a notamment évoqué le fait que François Boybanda alias BALHERE aurait recueilli un enfant musulman pendant les déplacements de population et l’aurait confié à l’épouse d’un pasteur de la localité afin qu’il soit protégé et puisse retrouver sa famille.
L’avocat s’est attaché à la valeur probante des témoignages. Il a notamment cité le témoignage de Trixi Serge Bapeh, qui aurait indiqué que François Boybanda faisait partie des personnes cherchant à calmer les assaillants et à empêcher les exactions contre les civils musulmans. Il a relevé que plusieurs témoins n’avaient pas spontanément cité le nom de son client dans leurs premières dépositions et que certains témoignages reposaient sur des ouï-dire.
À la lumière de ces arguments, Me Yvon Fred Mackpevo a donc demandé à la Cour Pénale Spéciale d’écarter les charges qu’il a jugées insuffisamment probantes et fondées sur des ouï-dire, et de prononcer l’acquittement de son client François Boybanda alias BALHERE, père de 15 enfants, au bénéfice du doute.
Il convient toutefois de rappeler que l’audience se poursuivra ce vendredi 4 septembre 2026 avec la plaidoirie de Me Euloge Fortuné Mocpat, qui prendra la parole pour assurer la défense de son client, Philémon Kahena.
